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Pas d'interdiction le dimanche, permis moins cher: les chasseurs choyés par Emmanuel Macron?

Le nouveau plan pour renforcer la sécurité à la chasse n'interdit pas la pratique sur une journée, comme souhaité par une très large majorité de Français. Une demi-surprise alors qu'Emmanuel Macron s'est employé depuis 2017 à ne pas se mettre les chasseurs à dos.

Les chasseurs ont eu chaud. Alors qu'une interdiction de chasse le dimanche faisait débat, le gouvernement a finalement choisi de l'écarter. Lundi, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Bérangère Couillard, a dévoilé le plan de l'exécutif pour mieux encadrer la chasse. Pour éviter les accidents, le gouvernement veut mettre en place une application numérique pour identifier les zones et les horaires non-chassés, une formation spécifique à la manipulation pratique des armes, et une formation spécifique dédiée aux "règles de sécurité" et "aux enjeux de communication avec les riverains".

Fini aussi, les battues après un apéro bien arrosé. Un délit d'alcoolémie et de pratique de la chasse sous l'emprise de l'alcool ou de la drogue doit être acté par voie législative. Enfin, les accidents de chasse seront plus sévèrement punis avec des peines complémentaires comme le retrait du permis de chasse.

Prix du permis divisé par deux, dérogations, subventions...

Des mesures de "bon sens" saluées par le patron des chasseurs Willy Schraen, mais jugées comme peu coercitives et qui déçoivent les opposants à la chasse alors que depuis 2017, Emmanuel Macron semble avoir choyé les amateurs de la pratique et que huit Français sur dix sont contre la chasse le dimanche.

"Depuis Emmanuel Macron, les chasseurs ont obtenu la division par deux du prix du permis national de chasse de 400 à 200 euros", rappelle ce mercredi sur le plateau des "Grandes Gueules" Barbara Lefebvre. "Ils ont obtenu de nouvelles subventions. On est passé de 27.000 euros de subventions à 6,3 millions d'euros (gonflées artificiellement par un transfert de compétence de l'Etat aux chasseurs, ces derniers bénéficiant de moyens autrefois accordées aux préfets ndlr). Pendant les confinements, ils ont eu des dérogations pour chasser", poursuit-elle.

De fait, même Willy Schraen, le patron des chasseurs, estimait sa confrérie bien traitée: "Aucune loi ou amendement pouvant abîmer la chasse n'a été adopté lors du premier quinquennat d'Emmanuel Macron. À chaque fois qu’on a eu un problème à régler avec un ministre de l’Écologie, il est intervenu", se félicitait-il en avril 2022 dans les colonnes du Parisien en annonçant soutenir le président sortant.

De son côté, l'ancien ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari rappelle le besoin de réguler certaines espèces de la ruralité. "Les mesures proposées participent participent à la bonne régulation qui à un rôle dans la société: c'est important pour la SNCF et aussi les agriculteurs", assure-t-il.

Des interdictions chez nos voisins

"Dans les pays où il n’y a pas de chasseurs et où la chasse est interdite contre certaines espèces, ce sont des fonctionnaires de l’Etat qui régulent et prélèvent les animaux comme on le dit là-bas", note de son côté Olivier Truchot, évoquant le cas de l'Allemagne.

Chez nos voisins, la chasse est interdite le dimanche aux Pays-Bas, en Angleterre et au Pays de Galles pour certaines espèces. En Italie, elle est interdite le mardi et le vendredi et n'est autorisée que trois jours par semaine.

Lors de la saison 2021-2022 de chasse, l'Office français de la biodiversité a recensé 90 accidents, contre 80 la saison précédente. Parmi eux, huit ont été mortels, dont deux qui ont concerné des victimes ne faisant pas de chasse.

G.D.