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Présidentielle: le débat d’entre-deux-tours peut-il tout changer?

Le traditionnel débat de l’entre-deux-tours aura lieu ce mercredi soir, entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Peut-il tout changer ? Rien n’est moins sûr selon Thierry Vedel, chercheur au CNRS.

Il fête ses 48 printemps. Avec, pour la deuxième fois après le double affrontement entre Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand (1974, 1981), le même duo. Le débat télévisé de l’entre-deux-tours est de retour sur vos écrans, ce mercredi (21h). Autour de la table, comme en 2017: Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Il y a cinq ans, la candidate du Rassemblement national avait clairement perdu des points. Elle jouera gros à nouveau pour ce match retour, après avoir pris du retard dans les derniers sondages, qui voient le duel du second tour pencher pour le président sortant à environ 55/45%, alors que l’écart était plus serré au soir du premier tour (52/48% selon Elabe). Ce débat peut-il tout changer ?

"En général, les débats télévisés ont un impact marginal voire négligeable sur les résultats électoraux, prévient Thierry Vedel, chercheur au CNRS. Il y a deux raisons. D’abord, le débat télévisé va intervenir en toute fin de campagne, à un moment où les images des deux candidats seront déjà bien structurées et parfois figées. Les informations supplémentaires qu’on obtiendra au débat, ce sera juste une goutte d’eau. Et deuxièmement, tout le monde ne va pas regarder le débat. Si je me réfère à 2017, il y avait un tiers des électeurs qui avaient regardé. C’est énorme en terme d’audience télé mais l’ensemble de l’électorat, c’est 48 millions de personnes. On sait que ceux qui vont regarder le débat s’intéressent davantage à la politique. Ils ont des opinions sensiblement plus affirmées et donc ils sont moins susceptibles de changer d’avis."

"Deux mouvements" provoqués par le débat Macron-Le Pen en 2017

Il y aura donc du monde devant la télé mercredi soir, mais l’effet sera certainement minime sur les résultats du second tour quatre jours plus tard. A moins que l’un des deux candidats craque sous la pression ? "En 2017, on avait eu relativement plus de changements (d’opinion) que d’habitude, relève Thierry Vedel. Marine Le Pen n’avait pas été aussi performante qu’elle l’aurait voulu et ça avait été retenu par les téléspectateurs. Il y avait eu deux mouvements en 2017. Des abstentionnistes ou des électeurs qui voulaient voter blanc se sont mobilisés après le débat en faveur d’Emmanuel Macron. Et Marine Le Pen a perdu des électeurs qui voulaient initialement voter pour elle. On a estimé à l’époque que ça avait fait plus et moins 3%, ces changements." Les deux finalistes ont encore quelques heures pour se préparer au choc… et éviter le KO.

LP