RMC

Reconfinement ou pas: pourquoi Emmanuel Macron hésite-t-il?

Il reviendra au Premier ministre Jean Castex d'annoncer jeudi à 19 heures ces nouvelles restrictions.

Un confinement total ou seulement le week-end en Ile-de-France et dans les Hauts-de-France ? Face à une nouvelle flambée de l'épidémie du Covid-19, Emmanuel Macron s'apprête à prendre "des mesures supplémentaires" applicables dès ce week-end et qui seront annoncées jeudi après d'ultimes arbitrages.

En attendant l'exécutif consulte tous azimuts pour recueillir notamment l'avis des élus de ces deux régions, et des départements contigus. 

Et ce n'est qu'après avoir reçu le dernier état de la situation des réanimations dans le public et dans le privé que le chef de l'Etat tranchera. Emmanuel Macro, qui a refusé de reconfiner le pays fin janvier, sait qu'il est aujourd'hui très attendu. 

>> A LIRE AUSSI - Vers un confinement "dur" ou le week-end pour l'Ile-de-France et les Hauts-de-France: l'heure du choix pour Macron

C'est avant tout une prise de décision difficile et qui prend du temps. Il exprimait encore mercredi ses doutes devant des élus: "La spécificité de l'Ile-de-France n'encourage pas à un confinement le week-end". Une phrase énigmatique répétée par certains élus.

Le chef de l’Etat considère visiblement que le mode de vie et la durée des transports dans la région capitale nécessite de laisser certaines libertés aux 12 millions d’habitants en dehors de leur semaine de travail.

Vers un confinement "hybride"?

Difficile donc de dire à ce stade vers quel côté penchera la décision finale de l’exécutif: confiner le week-end ou 7 jours sur 7 l'Ile-de-France et les Hauts-de- France. Les deux scénarii ont été présentés aux présidents de régions. Seule certitude: la fermeture des écoles semble écartée.

>> A LIRE AUSSI - "Cela présente moins de conséquences dommageables": les élus locaux plaident pour un confinement le week-end

Devant les élus, Emmanuel Macron a insisté sur la lassitude des Français et la nécessité de continuer à faire du sport en plein air.

"On a quand même appris une chose à partir du premier confinement, c'est qu'être dehors c'est plutôt bon, si on ne fait pas de grandes fêtes ou on ne se met pas à aller boire de la bière dans des endroits communs", a dit le chef de l'Etat. Il a aussi évoqué la difficulté de confiner le week-end l'Ile-de-France où "les gens rentrent tous les soirs tard chez eux". 

L'objectif n’est d'ailleurs plus celui d’il y a un an: la stratégie d’éradication du virus par un confinement strict a été abandonnée à l’automne dernier. 

L’idée est davantage aujourd’hui de prendre des mesures pour éviter la saturation des services de réanimation et surtout d’avoir à faire le tri entre les patients comme en Espagne ou en Italie.

"Il manque 300 lits de réa"

Le problème confiait mercredi un conseiller gouvernemental à RMC est que "Nous avons moins de lits qu’il y a un an, nous allons devoir reconfiner car il manque 300 lits de réa, ça va couter des milliards, ça fait cher le lit..." 

Une situation qui devrait s’aggraver: Emmanuel Macron confiait lui-même hier que le Covid allait encore taper fort et dur jusqu’à la mi-avril. 

"On est, soyons clairs, dans une troisième vague largement due à la montée de ce fameux variant anglais. La situation est clairement critique. Ca va taper très dur jusqu'à la mi-avril", a souligné le chef de l'Etat mercredi soir lors d'une visioconférence avec des maires franciliens et d'autres régions.

Il reviendra au Premier ministre Jean Castex d'annoncer jeudi à 19 heures ces nouvelles restrictions. 

La rédaction de RMC avec AFP