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"En défendant la biodiversité, on crée de la richesse", affirme un spécialiste

A l'occasion du lancement de l'opération "Objectif Terre, bougeons-nous", Denis Couvet, professeur d'écologie au Muséum national d’histoire naturelle, était l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC. Il a notamment regretté que "la biodiversité ne soit toujours pas prise en compte dans notre système économique".

Jour J ! Ce jeudi, RMC lance l'opération "Objectif Terre, bougeons-nous": un dispositif exceptionnel qui accompagnera la station jusqu'au sommet climatique de Paris (30 novembre - 11 décembre 2015). La COP21 a pour objectif d'aboutir pour la première fois à un accord universel et contraignant pour contenir le réchauffement climatique sous la barre des 2°C. Et pour lancer cette grande opération RMC, Denis Couvet, professeur d'écologie au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et spécialiste des questions de biodiversité et de l’impact des changements climatiques, était l'invité de Jean-Jacques Bourdin.

Et concernant la biodiversité et la lutte contre le réchauffement climatique, le Directeur du département de recherche "écologie et gestion de la biodiversité" du MNHN estime qu'il est possible d'agir. Il rappelle notamment que bon nombre de scientifiques, dont lui, proposent la création d'une "taxe sur la biodiversité": "Le problème, c'est d'arriver à ce que les activités économiques soient en accord avec nos intérêts à moyen terme, à savoir la préservation des écosystèmes. Pour cela, l'idée est de réguler l'activité économique avec des permis, des interdictions ou éventuellement avec des taxes".

"Taxer les produits qui détruisent la nature"

"Evidemment, le problème de la taxe est que cela peut donner l'impression que l'on va augmenter les impôts. Mais en réalité cette taxe se fera directement sur les produits qui détruisent la nature, comme par exemple l'huile de palme, ou encore la consommation de viande (car l'industrie de la viande grande consommatrice d’eau, d’énergie et de surfaces agricoles) ou encore les pesticides. L'idée est de taxer les consommations qui ont un impact particulièrement néfaste sur les écosystèmes", détaille Denis Couvet.

Ce spécialiste souligne aussi qu'en "défendant la biodiversité, on crée de la richesse". En effet, "le but n'est pas de créer un impôt supplémentaire mais un impôt en compensation en diminuant éventuellement les taxes sur le travail. Ce qui aurait un double avantage: préserver la nature et créer plus d'emplois puisque si les taxes sur le travail pèsent moins, forcément il est plus facile de créer des emplois".