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Gérald Darmanin annonce la création d'une brigade spécialisée contre les maltraitances aux animaux

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé, ce vendredi, la création d'une brigade spécialisée de 15 enquêteurs contre les maltraitances aux animaux.

C’est une première dans l’histoire des forces de l’ordre. Une brigade spéciale composée de 15 enquêteurs, gendarmes et policiers, sera lancée en janvier prochain, pour lutter contre les maltraitances animales, a annoncé ce vendredi Gérald Darmanin. Sa principale mission sera d'enquêter sur des possibles faits de maltraitance sur des animaux domestiques, des abandons, des sévices ou encore des mauvais traitements, sur tout le territoire national. Elle se chargera aussi des affaires les plus importantes: trafic d'animaux, actes de cruauté ou encore atteinte à la vie de l'animal.

Très concrètement, ces 15 enquêteurs ne travailleront que sur les plaintes transmises par le procureur, une fois qu’elles seront remontées par les commissariats et les gendarmeries. Ils constitueront des dossiers pour présenter ensuite les responsables devant la justice.

Un nombre de maltraitances en hausse

Si Gérald Darmanin annonce la création de cette brigade c’est parce que ces maltraitances sur les animaux sont de plus en plus nombreuses. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, entre 2016 et 2021, ces infractions ont augmenté de 30 %. Dans la majorité des cas, ce sont les chiens et les chats qui sont les premières victimes. Ces infractions sont plus nombreuses dans les zones rurales, et plus précisément dans l’Aveyron, l’Allier, la Lozère et la Creuse.

Si on regarde plus précisément les chiffres, ce sont les abandons qui explosent : + 95% en cinq ans. Principalement pendant la crise sanitaire. Globalement, pour les associations de défense des animaux, la création de cette brigade spéciale est une bonne nouvelle mais des interrogations persistent sur la formation de ces enquêteurs et sur le rôle du ministère de la Justice dans le dispositif: est-ce que les magistrats seront bien formés au droit animalier pour éviter les classements sans suite? Est-ce que les sanctions seront exemplaires?

Un chiffre interpelle aussi dans le lancement de ce dispositif. 15 enquêteurs. Est-ce suffisant ou juste de la communication? La lourdeur des condamnations est aussi évoquée. Aujourd'hui, pour un abandon ou des sévices sur un animal, par exemple, la peine encourue est de trois ans de prison et de 45.000 euros d'amende. D'ailleurs, la moitié des affaires de maltraitances animales sont classées sans suite.

Margaux Bourdin