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Je suis déçue: pourquoi les membres de la Convention climat critiquent la Loi climat et résilience

TEMOIGNAGE RMC - Un projet de loi "ambitieux" pour le gouvernement, mais les membres de la Convention comme les écologistes regrettent un texte moins ambitieux qu'espéré.

Le projet de loi "Climat et résilience" est présenté au Conseil des ministres ce mercredi. Cette loi est le fruit des travaux de la Convention Citoyenne pour le Climat, ces 150 citoyens tirés au sort. Une convention décidée par Emmanuel Macron après la crise des "gilets jaunes".

Le texte reprend une partie des 146 propositions des citoyens, avec plusieurs thématiques: le logement, les transports, la consommation, la production, et la nourriture.

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L'une des mesures phare concerne la fin des vols intérieurs lorsqu'une alternative en train de moins de 2h30 existe. Cela correspond bien à l'une des propositions de la Convention, mais en moins ambitieuse, car les citoyens souhaitaient l'élargir aux trajets réalisables jusqu'à 4h en train.

Pour Mélanie Cosnier, co-président de l’association “Les 150” et maire de Souvigné-sur-Sarthe, c’est tout le texte qui manque d'ambition. 

"C'est issu de nos propositions, mais il n’y a pas l’ambition du tout des propositions de la convention citoyenne. Nous chaque fois qu’on a fait des propositions, il y avait la justice sociale en face. Il y avait un reste à charge quasi-nul pour les personnes les plus démunies sur la rénovation énergétique des bâtiments, des aides à l’achat de voitures électriques non-polluantes, l’interdiction de publicité sur la malbouffe, et ça, ça n’a pas été repris. 
Donc il y a des trucs bien, mais il n’y a pas de justice sociale et il n’y a pas l’impact attendu. Sur ce projet de loi, il n’y a pas 40% de rémission des gaz à effet de serre. Moi pour l’instant, je suis déçue”, explique-t-elle au micro de RMC.

Un score carbone instauré?

Autre recul sur le délit d'écocide. Le texte précise que seuls les actes de pollution intentionnels seront punis, et pas la négligence, une grande déception pour les membres de la Convention.

Le gouvernement veut enfin instaurer un score carbone. Un logo, de A à E, pour savoir si un vêtement ou une voiture est polluant dans sa fabrication et son utilisation. Mais le gouvernement ne précise pour l'instant ni la liste des biens et services concernés, ni les critères de classification.

C'est d'ailleurs l'un des angles morts du texte, avec plusieurs objectifs fixés sans préciser l'application concrète, comme par exemple le développement du vrac dans les grandes surfaces.

Romain Cluzel avec Guillaume Descours