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Cinq ans après, où en est-on des objectifs fixés par les accords de Paris sur le climat?

Un accord historique sur le climat signé le 12 décembre par 195 pays, embarquait la planète dans un projet de taille: réussir à stabiliser le réchauffement climatique en dessous de 2 degrés.

Le monde vient de connaître le mois de novembre le plus chaud jamais mesuré. L'année 2020 devrait même être l'une des trois années les plus chaudes depuis l'ère pré-industrielle, c’est-à-dire depuis le 19ème siècle et les températures ont déjà augmenté de 1,1 degrés de plus par rapport à cette période. 

On est donc déjà presque à la limite d’1,5 degrés fixée par l’accord de Paris. Quant aux émissions de gaz à effet de serre, record historique en 2019, elles ont atteint 59 milliards de tonnes équivalent CO2. Elles ont notamment augmenté en raison d'une aggravation des feux de forêt. Des importants feux qui ont parcouru la Californie, l'Amazonie, l'Australie. Et selon les estimations du Programme des Nations Unies pour l'environnement, nos politiques climatiques trop faibles actuellement nous mènent vers un réchauffement compris entre 3 et 4 degrés d'ici 2100.

Cela signifie-t-il que les objectifs de l'accord de Paris ne sont plus atteignables ? 

Les spécialistes de la question climatique veulent garder espoir. Ils estiment qu'on peut encore y parvenir si et seulement si on agit vite. C'est-à-dire tout de suite. Selon le réseau action climat, il faut réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 7,6% par an dans les 10 prochaines années pour se remettre dans les clous de l’accord de Paris.

Une réduction jamais atteinte, sauf cette année, à cause de la crise du Covid qui a vu un très fort ralentissement des transports. Mais c'est une réduction contrainte par la pandémie et qui ne devrait pas être durable. Le problème, c’est que les objectifs de l’accord de Paris ne sont pas contraignants, donc même si certains pays, l’Union européenne ont fait des efforts, ils ont été globalement annulés par les émissions en hausse de la Chine et des Etats Unis.

Il y a cependant quelques signaux positifs en 2020. D’abord le retour des Etats Unis dans l’accord de Paris, promis par le nouveau président américain Joe Biden en janvier prochain. Ensuite, le président chinois a annoncé à la surprise générale fin septembre que son pays visait la neutralité carbone pour 2060. Ce sont les deux plus gros pollueurs mondiaux. Dans la foulée, le Japon et la Corée du Sud ont pris des engagements eux aussi. Et l’Union européenne est en ce moment en train de discuter d’un objectif de baisse de ses émissions de 55% d’ici à 2030. Les 10 prochaines années vont donc être déterminantes. 

Aurélia Manoli avec Guillaume Descours