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La Clusaz: après leur victoire, les zadistes vont quitter leur campement "dans la semaine"

Victoire pour les militants de la Zad de La Clusaz. La justice a suspendu, mardi, l'arrêté préfectoral pour lancer les travaux d'un bassin de retenue d'eau dans la montagne. Pour les écologistes, la première bataille est gagnée alors ils vont quitter leur campement dans la forêt. Le maire a annoncé qu'un pourvoi en cassation était prévu.

C'est une première victoire pour les militants écologistes. La retenue d'eau, censée assurer l'enneigement de la station de ski La Clusaz, n'aura pas lieu tout de suite: l'arrêté préfectoral pour lancer les travaux a été suspendu, mardi, par la justice.

Ce projet, qui coûte 10 millions d'euros, prévoit de creuser près de 150.000 m3 dans la montagne, pour "assurer l'enneigement du domaine skiable à hauteur de 45%", selon les militants du groupe Extinction Rebéllion.

Ces défenseurs de l'environnement occupent d'ailleurs une partie du site, au bois de la Colombière. À l'entrée du campement, il est écrit "Victoire" en lettres multicolores sur un panneau.

Les militants vont quitter le bois

"Notre présence dans le bois a rempli sa fonction, elle a été victorieuse. Je pense que dans la semaine à venir, on va remballer tout ça, en remettant la forêt dans l’état dans lequel on a réussi à la préserver pendant un mois", se réjouit Ingrid, membre du collectif La Clu’zad.

Pour l'heure, seuls les premiers travaux de défrichement et de déboisement sont reportés. Pour la justice, l'intérêt public du projet est "insuffisant à remettre en cause l'urgence qui tient à la préservation du milieu naturel".

"Est-ce qu'aujourd'hui c’est tenable et audible pour le grand public, de continuer à détruire des espaces naturels qui sont à la fois des puits de carbone et des ressources prépondérantes, notamment la ressource en eau pour faire de la neige artificielle?", se questionne Corentin Mélé, chargé de mission pour France nature environnement en Haute-Savoie.

Un projet indispensable selon le maire

Pour Didier Thévenet, maire de La Clusaz, ce bassin de rétention d'eau est indispensable pour plusieurs raisons. Il s'agit, pour lui, de soutenir l'économie de la station ainsi que l'emploi des habitants. La commune est très dépendante du tourisme, tandis que l'enneigement est rendu difficile à la suite du réchauffement climatique. L'eau potable risquerait aussi de manquer, selon lui, à cause de l'irrégularité croissante des précipitations.

Cette première décision de justice ne l'inquiète pas trop.

"Ce jugement n’est pas définitif, puisqu’il ne préjuge en rien sur le fond. Nous allons nous pourvoir en cassation parce que nous estimons que ce projet est légitime et qu’il est complètement indispensable pour la population de la Clusaz", affirme-t-il.

D'après les associations qui ont saisi le tribunal en urgence, ce projet "coûtera l'extermination de 58 espèces protégées".

AB avec Vincent Chevalier