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Les apiculteurs alertent à nouveau sur la mortalité des abeilles et demandent des actes

En 2021, les apiculteurs ont dû faire face à la pire récolte de leur histoire.

En 2021, les apiculteurs ont dû faire face à la pire récolte de leur histoire. - Eric Lachmann

Alors que le taux de mortalité reste élevé, aux alentours de 30%, dans la population d’abeilles, les associations d’apiculteurs demandent la mise en place de mesures drastiques pour freiner la décimation de nombreux essaims en France.

Supprimer la dépendance aux pesticides, végétaliser les villes... Les associations d'apiculteurs français ont appelé vendredi à Quimper à la mise en place "rapide" de douze mesures agricoles "indispensables pour la sauvegarde des abeilles", frappées par une forte mortalité.

"L'apiculture connaît une situation très préoccupante. Les mortalités restent très élevées: autour de 30% en moyenne par an. Imaginons si c'était le cas pour les autres filières (agricoles), elles seraient sans doute prises en considération plus que nous", a déploré Christian Pons, président de l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf), en ouverture du Congrès européen de l'apiculture.

Si la situation est considérée comme problématique, c’est que "les récoltes sont de plus en plus irrégulières et aléatoires" a précisé Christian Pons. Après avoir affronté la pire récolte de leur histoire en 2021 "avec moins de 10 000 tonnes de miel récoltées", les apiculteurs français devraient, cette année, produire entre 12 000 et 14 000 tonnes de miel, selon l'Union.

"Nous sommes bien loin des 32.000 à 33.000 tonnes que nous récoltions dans les années 1997-1998", a pointé le président de l’Unaf, qui a souligné que les importations représentaient désormais "les trois quarts de la consommation française de miel".

"Les causes, nous les connaissons tous: ce sont les pesticides, la monoculture intensive, la dégradation de notre environnement, le varroa (un parasite, ndlr), les maladies, le frelon asiatique. À tout cela, on doit ajouter les bouleversements climatiques: les sécheresses, les canicules, les gelées tardives, les vents, les tempêtes, les incendies".

Les pollinisateurs représentent 66% de la production fruitière et légumineuse

Dans un appel signé notamment par l'Unaf, le syndicat national d'apiculture (SNA) ou la Confédération paysanne, les apiculteurs appellent à "supprimer la dépendance agronomique et économique aux pesticides", à "arrêter la course à l'agrandissement des exploitations" agricoles et à "adapter l'agriculture au dérèglement climatique par un accroissement de la diversité végétale".

Les insectes pollinisateurs "permettent la production des deux tiers des fruits et légumes et 80% des fleurs", rappellent-ils en listant 12 "mesures agricoles d'urgence, faciles à mettre en place, favorables aux abeilles et aux pollinisateurs".

Présent à l'ouverture du congrès, le président de la région Bretagne Loïg Chesnais-Girard (ex-PS) a salué "l'énergie" et "l'enthousiasme" des apiculteurs, sans toutefois s'engager à signer l'appel.

A.L. avec AFP