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Hauts-de-France: l'eau de 105 communes contaminée aux pesticides

Dans 105 communes des Hauts-de-France, les taux de pesticides dans l'eau du robinet dépassent la norme. Si les autorités sanitaires assurent que l'eau reste potable, les municipalités et les habitants concernés préfèrent s'adapter.

Des taux de pesticides qui dépassent les normes dans l'eau du robinet d'un Français sur cinq. C'est le résultat d'une enquête menée par nos confrères du Monde et de France Télévisions. L'année dernière, environ 20% des Français de métropole, soit 12 millions de personnes, ont reçu au robinet, régulièrement ou épisodiquement, une eau non conforme aux critères de qualité. Ils étaient moins de 6% en 2020.

En cause, des molécules issues de produits phytosanitaires utilisés pour les cultures. Ces molécules s'infiltrent dans les sols et des résidus peuvent se retrouver dans les nappes phréatiques et in fine, dans les réseaux d'alimentation en eau.

Les Hauts-de-France particulièrement touchés

C'est le cas notamment dans les Hauts-de-France, la région la plus touchée, où 65% de la population est concernée. L'eau du robinet délivrée dans 105 communes de la région a été placée sous surveillance renforcée.

À La Rue-Saint-Pierre, dans l'Oise, les habitants et la municipalité s'adaptent en attendant de nouvelles analyses. Si l'eau du robinet est toujours considérée comme potable dans cette commune de 800 habitants, les administrés, inquiets, prennent déjà leurs précautions. "Faire couler l'eau du robinet, c'est un geste seulement pour se laver les mains et faire la vaisselle", raconte une mère de famille à RMC.

Pas de résultats avant le mois d'octobre

Depuis une semaine, la famille ne boit donc plus que de l'eau en bouteille. Une situation que cette habitante redoute si elle venait à durer. "Financièrement, ça va aussi nous coûter plus d'acheter pour nos enfants, nos animaux et nous", s'inquiète-t-elle.

La commune est passée à l'eau en bouteille dans son école, mais le maire Patrick Signoirt conseille à ses habitants de ne pas changer leurs habitudes. "L'eau est potable donc tant qu'on me dit ça, je ne suis pas un spécialiste, je laisse faire l'ARS et puis les services préfectoraux", assure-t-il.

Et dans le cas où le taux de pesticides dépasserait plus de 3 microgrammes/litre, la mesure serait radicale, précise Benoît Vallet, directeur général de l'Agence régionale de santé des Hauts-de-France: "Il y aurait à ce moment-là une information qui serait délivrée pour indiquer qu'il est raisonnable de ne pas consommer". Ces résultats ne seront pas annoncés avant le mois d'octobre.

Kévin Gasser (avec G.D.)