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"Les chasseurs ne peuvent pas devenir policiers": après avoir proposé un rôle de "police de proximité", Willy Schraen s'explique sur RMC

Document RMC - Après avoir estimé que les chasseurs avaient un rôle à jouer "en matière de police de proximité", Willy Schraen le président de la Fédération nationale des chasseurs a précisé ses propos.

Donner plus de pouvoir au chasseur, c'est ce que veut Willy Schraen, le président de la puissante Fédération nationale des chasseurs. Dans les colonnes du JDD, il détaille les contours de son projet de partenariat entre gendarmes et chasseurs en matière de "lutte contre la délinquance rurale et environnementale. "Je pense qu'en matière de police de proximité, les fédérations départementales de chasseurs ont un rôle à jouer", assure-t-il.

Une proposition qui a provoqué une levée de bouclier notamment sur les réseaux sociaux alors que de nombreuses voix dénoncent déjà l'omniprésence des chasseurs dans les forêts et que les accidents de chasse font régulièrement la Une.

Mais pas question de faire des chasseurs des policiers, défend Willy Schraen ce lundi sur RMC: "Bien sûr que les chasseurs ne peuvent pas devenir des policiers, ils n'ont pas de compétence là-dedans. Cela concerne des agents assermentés de la Fédération nationale des chasseurs, qui ont déjà un agrément police. On a un réseau avec des gardes particuliers", assure-t-il.

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"Il y a une demande très forte des maires ruraux"

Willy Schraen estime que ces agents pourraient intervenir sur la petite délinquance rurale: "On a un problème de petite délinquance rurale et environnementale. La gendarmerie est occupée avec la grande délinquance, l'Office français de la biodiversité (OFB) s'occupe du trafic d'oiseaux. Et on voit qu'il y a une demande très forte des maires ruraux qui nous contactent et nous demandent de l'aide contre les dépôts d'ordures sauvages, contre les quads et motos qui traversent les forêts en toute impunité".

Et surtout pas question d'intervenir promet Willy Schraen: "Ce sont des policiers qui ne sont pas armés, comme beaucoup de policiers municipaux. Ce sont des policiers de la nature qui gèrent déjà la police de la chasse. C'est un réseau d'agent des fédérations et des gardes particuliers qui dressent déjà des PV. De plus en plus de maire de petites communes n'ont plus la possibilité d'avoir un garde-champêtre et peut-être qu'il faut contractualiser avec des gens-là".

Il s'agirait donc concrètement d'assermenter des chasseurs, dans le cadre d'une convention entre communes et chasseurs, qui pourraient alors dresser des procès-verbaux et constater des flagrants délits, sans pour autant les transformer en policier de l'environnement. Des chasseurs "de confiance" seraient sélectionnés et formés par la gendarmerie pour leur faire remonter tout élément inhabituel et venir en aide aux agents de l'Office français de la biodiversité.

Essentiel pour calmer la levée de boucliers? Pas si sûr: "Nous on est dans le constat, pas dans la sommation. On a l'habitude des synthèses rapides sur la chasse", conclu Willy Schraen. Dans l'Oise, une initiative similaire existe depuis décembre 2017. "Chasseurs vigilants", une collaboration entre chasseurs et gendarmes qui sélectionnent des chasseurs de confiance pour leur faire remonter tout élément inhabituel.

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Guillaume Dussourt