RMC

Pavés rafraîchissants, routes blanches... Quelles réponses d'urbanisme pour contrer la canicule en ville?

De nombreuses municipalités s'activent ces dernières années pour rendre l'air plus respirable en zone urbaine. Différentes initiatives ont été lancées au niveau de la construction des espaces publics et privés pour rafraîchir les villes.

Entre les routes, le goudron, le manque de verdure, les matériaux sombres qui chauffent très vite au soleil, les villes deviennent des fournaises en période de forte chaleur.

Entre la campagne, la banlieue et le cœur de la ville, on compte pas moins de 4 °C d'écart. En période de canicule, l'urbanisation favorise l'accumulation de la chaleur.

Une chaleur qui est également plus intense la nuit, avec des températures supérieures à 20 degrés. Ces températures nocturnes plus élevées en ville qu’en zone rurale s’expliquent par un phénomène particulier, celui de l’îlot de chaleur urbain.

"On a changé le revêtement de nos cours d'école"

Pour lutter contre la canicule et le réchauffement climatique, de nombreuses villes rivalisent d'ingéniosité au niveau de l'urbanisme.

A Villeurbanne, par exemple, la ville est en pleine transformation pour lutter contre des îlots de chaleur explique Damien Berthilier, adjoint municipal.

"A chaque fois qu'on végétalise des espaces ça a un effet immédiat. On a changé le revêtement de nos cours d'école. Avant, on était sur du goudron classique noir et maintenant sur un enrobé clair, ocre. On peut atteindre de deux à trois degrés d'écart sur des expositions au soleil et après quand on va être sur l'ombre, on peut gagner une dizaine de degrés"

"Le nouveaux bâtiments sont construits de façon à ce que l'air circule"

La végétation, Montpellier connaît déjà bien. Elue ville la plus verte de France, elle mise aujourd'hui sur l'architecture dans l'un de ses écoquartiers, comme nous l'expliques Chantal Marion, vice-présidente de la métropole en charge de l'urbanisme.

"L'exposition des bâtiments est faite par rapport à l'emplacement du soleil et ils sont construits de façon à ce que l'air circule."

Des pavés rafraîchis à l'eau de pluie récupérée

Végétation, ombrage. Toulouse connaît bien ces barrages naturels à la chaleur. Alors la Ville rose a décidé d'innover... Sur une place de 150 m2, la mairie teste des pavés rafraîchissants. Une première en Europe que nous présente François Chollet, coordinateur développement durable.

"Il s'agit de récupérer de l'eau de pluie, de la filtrer, la faire passer au dessous des pavés qui par capillarité remontent cette eau et par évaporation abaissent la température au sol. Ceci permet d'espérer un gain de 5 à 10 degrés sur la surface de ces pavés."

Coût de l'expérimentation: 310.000 euros. D'autres places de Toulouse devraient bénéficier de ce dispositif. Les villes de Nice et Bordeaux l'expérimentent elles aussi. 

Anaïs Bouitcha (avec James Abbott)