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"On manque de financement, on est obligés de faire des cagnottes en ligne": un secouriste de la SNSM dénonce le manque de moyen

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Sauveteur de la SNSM, Stéphane dénonce le manque de moyen et le désengagement de l'Etat alors que les bénévoles sauvent chaque année près de 10.000 personnes en difficulté en mer.

Trois sauveteurs en mer sont morts hier au large des Sables-d'Olonne en Vendée alors qu'ils revenaient d'une tentative de sauvetage. Des 7 marins embarqués, tous bénévoles à la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), seuls 4 ont réussi à rejoindre le rivage à la nage, après que leur canot a chaviré à 800 mètres de la côte.

Un drame qui ravive les plaies chez les sauveteurs qui déplorent le manque de moyens et les risques parfois inconsidérées pris par les marins. C'est le cas de Stéphane, bénévole de la SNSM depuis 14 ans, qui ne cache pas sa colère au lendemain du drame.

Cagnottes en ligne et appels aux dons en guise de financement

"Je suis en colère d'abord parce qu'on part secourir des gens qui prennent des risques inconsidérés. Et puis je pousse aussi un coup de gueule contre l'Etat car il est excessivement rare qu'un préfet maritime engage des poursuites contre ces gens qui prennent des risques démesurés", explique-t-il à RMC.

Le bénévole qui explique que les sauveteurs interviennent 365 jours par an 24 heures sur 24 et en 15 minutes après le déclenchement d'une alerte, regrette le manque de soutien de l'Etat: "La SNSM c'est une chaîne de secours qui repose essentiellement sur du bénévolat, on manque de financement public", explique-t-il. Pour permettre la bonne tenue du "service public de l'Etat en mer", il précisé que la SNSM et ses sauveteurs sont obligés d'organiser des cagnottes en ligne et de lancer des appels au don.

"On a trois présidents de la République successifs qui ont fait la promesse de mettre en place un statut de bénévole et de mettre en place des moyens incitatifs pour qu'on ait des gens plus jeunes qui nous rejoignent avec des points retraites supplémentaires. On l'attend toujours", ajoute Stéphane.

Plus de 9.000 personnes secourues en 2018

Le sauveteur réclame des gestes forts de la part de l'Etat, "au-delà des marques de compassion sur les réseaux sociaux". "Passé la peine, passé la colère qu'on partage tous oui on va reprendre la mer parce qu'on a ça dans le sang. On va continuer envers et contre tout", assure Stéphane.

La Société nationale des sauveteurs en mer est une association loi 190 reconnue d'utilité publique. Elle compte 8.000 bénévoles répartis dans plus de 200 stations en France et en Outre-Mer. En 2018, plus de 9.000 personnes sont été secourues par les sauveteurs de la SNSM.

Marion Dubreuil (avec G.D.)