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Risque d'incendies: le cri d'alerte des personnels de l'ONF

La sécheresse touche de nombreux territoires français et surtout les forêts, y compris dans le nord du pays. Si les agents de l'Office national des forêts veillent, le manque d'effectif pose problème.

Alors que l'épisode de canicule touche à sa fin, les incendies continuent de se multiplier en France, car la sécheresse reste bien présente. Dans toute la France, les pompiers, mais aussi les agents de l'Office national des forêts restent extrêmement vigilants pour circonscrire tout nouveau départ de feu.

Les agents de l'ONF veillent en lisière de forêt ou au cœur même des zones boisées. Ils font de la prévention et vont même jusqu'à verbaliser ceux qui ne respectent pas les consignes en période de canicule. Mais depuis 2000, les effectifs ont diminué de 40%, passant de 13.500 à 8000 avec un impact sur la gestion de la forêt, le bien-être des agents et les risques d'incendie...

Dans la forêt de Larivour, à Lusigny-sur-Barse, près de Troyes, l'alerte incendie est à 5 sur 6, et les agents sont sur le qui-vive. 40 degrés sous les frondaisons, pas vraiment de pluie depuis janvier ici. Ça laisse des traces sur la forêt, explique Armelle Noé, ingénieure forestière à l’Office national des Forêts, syndiquée CFU-CGC.

“On a de l’herbe qui est sèche, qui craque sous les pieds, ce qui n’est pas habituel pour un mois de juillet”, explique-t-elle.

Un manque de moyens par rapport aux forêts du sud

De jeunes chênes ont été plantés il y a trois ans, mais ils ont roussi, faute d’eau. “On a un couvert végétal assez continu qui peut être sensible aux incendies, surtout s’il y a un peu de végétations mortes dedans”, appuie-t-elle.

Et c’est le cas ici. Elle s’inquiète pour les forêts du nord qui, contrairement à celles du sud, sont loin d’être équipées pour faire face.

“Sur la zone méditerranéenne, 60% des départs de feu sont éteints par l’ONF, par des patrouilles régulières. On n’a pas ces équipements dans le nord de la France, malgré le fait que nos personnels font tout ce qu’ils peuvent”, ajoute-t-elle.

Mais la bonne volonté ne fait pas tout. Les effectifs sont insuffisants. "Il faut que les arbres soient surveillés. Que la forêt soit accessible. Donc on a besoin de personnels pour le faire”, indique Dominique Jarlier, président de la Fédération bationale des communes forestières. Selon lui, 900.000 hectares de forêt sont mal entretenus, faute de moyens.

Lucile Pascanet avec Guillaume Descours