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Sécheresse: le maire de Valence va arroser les arbres, malgré l'interdiction préfectorale

Maire de Valence, dans le département de la Drôme, placé en niveau "crise" pour la sécheresse, Nicolas Daragon va continuer d’arroser les jeunes arbres qui ont été plantés dans sa ville pour tenter de les sauver.

C’est le niveau maximal d’alerte. La préfecture de la Drôme a pris un arrêté plaçant le département en "crise sécheresse", avec des restrictions très fortes. Le remplissage des piscines, l’arrosage des pelouses et des espaces verts, le fonctionnement des fontaines publiques, ainsi que le lavage des véhicules et des voiries, sont désormais interdits. Mais pour le maire de Valence, ces mesures manquent de discernement.

"Cela me pose de vraies difficultés et me met dans l’incompréhension, un peu en colère, explique Nicolas Daragon (LR) dans ‘Apolline Matin’ ce lundi sur RMC et RMC Story. Je ne vais pas faire le reproche à la préfète de prendre un arrêté qui est adapté à la situation de stress hydrique de notre département. En revanche, je pense qu’on aurait pu sans doute analyser les choses de plus près pour éviter de mettre à ce point en difficulté les collectivités. Je rappelle que ne plus arroser, ça veut dire ne plus arroser les cours des crèches qui sont ouvertes en ce moment et donc ne plus avoir de fraicheur pour les jeunes enfants, abandonner l’arrosage de tous les arbres…" Et les arbres, justement, inquiètent le maire de Valence.

"Si on n’arrose plus les jeunes arbres, ils vont tous mourir"

"On vient de mettre en œuvre un plan arbres, on a déjà planté 5.000 arbres en deux ans, et tous ces jeunes arbres, si on ne les arrose plus, ils vont tous mourir", prévient Nicolas Daragon. La ville de Valence va donc continuer de les arroser, malgré l’interdiction préfectorale.

"On va surement devoir aller à l’encontre de l’arrêté préfectoral, au moins pour arroser les arbres, indique le maire. Je pense qu’on va être obligé de prendre ce risque. On va évidemment informer la préfète et être très économe en eau. On ne va pas arroser les pelouses, parce que ce serait vraiment un mauvais signal. Mais les arbres, oui, pour préserver les ilots de fraicheur partout."

Pour Nicolas Daragon, l’interdiction d’arroser va aussi créer des difficultés financières. "C’est abandonner tous nos espaces verts liés à la pratique sportive, donc tous les stades, assure le maire de Valence. Quand il va falloir les refaire, ça va coûter 50.000 euros par stade, et certains beaucoup plus. On a des problèmes sanitaires. Quand nos concitoyens vont vouloir se mettre dans un ilot de fraicheur, il n’y en aura plus. On a un problème dans la durée aussi. Tout ce qu’on a planté maintenant, c’était pour avoir un peu plus de fraicheur dans cinq, six ans, et on va tuer tous ces arbres. Et on a un problème financier. Tout cela va coûter 10 à 12 millions d’euros et on va mettre trois ans pour remettre en état nos espaces verts, si on ne revit pas de période de sécheresse."

"On a besoin d’un schéma structurant au niveau national"

Face à ces sécheresses qui s’intensifient, le maire de Valence demande à l’Etat d’agir à long terme. "Cette année, c’est exceptionnel, souligne-t-il. C’est revenu tôt et c’est annoncé comme un épisode particulièrement long. On doit se questionner sur les mesures structurelles qui sont prises au niveau national, sur la préservation de la ressource en eau. Sur les territoires, on fait un travail, les collectivités investissent beaucoup, par exemple sur la désimperméabilisation des sols pour éviter que toute l’eau de pluie parte comme si elle était un déchet, sans être retenue. On a plein de méthodes qui permettraient d’avancer. On a besoin d’un schéma structurant au niveau national. Malheureusement, ça fait 30 ans qu’on observe les phénomènes de sécheresse se reproduire, sans avoir de mesures structurelles qui permettent de préserver cette ressource."

LP