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Six mois de débriefing attendent Thomas Pesquet

Le spationaute de l'Agence spatiale européenne (Esa) Thomas Pesquet à son atterrissage à Cologne, en Allemagne, le 3 juin 2017.

Le spationaute de l'Agence spatiale européenne (Esa) Thomas Pesquet à son atterrissage à Cologne, en Allemagne, le 3 juin 2017. - Roberto Pfeil - AFP

Thomas Pesquet n'est pas près de prendre des vacances. Une phase de débriefing dans les différentes agences spatiales l'attend maintenant.

Après un retour en Soyouz suivi avec attention, notamment avec émotion à la Cité de l'espace à Toulouse, Thomas Pesquet est arrivé cette nuit à 4h du matin en Allemagne, pour rejoindre le Centre des astronautes européens. 

Un jet d'une dizaine de places l'a ramené à l'aéroport de Cologne, où sa compagne a pu passer quelques courtes minutes avec lui en privé avant qu'il ne sorte de l'avion, épaulé, soutenu physiquement par deux médecins. Il n'a pas eu la force de prendre la parole mais s'est contenté de salue de la main ses amis, ses collègues, sans faire de déclaration. 

Thomas Pesquet ne pourra pourtant pas se reposer de sitôt. "Six mois de vol correspondent à six mois de débriefing à peu près", explique à RMC Michel Tognini, ancien spationaute.

"Il va faire tous les centres, la Nasa, les Russes, les Canadiens, les Européens, les Japonais, pour expliquer tout le travail qu’il a fait et débriefer avec eux. Après il y a un peu de repos, puis il va se réaligner pour reprendre ses activités d’astronaute et éventuellement revoler. Il a mis beaucoup de coeur dans ses photos, et je pense qu’il va revoler."

"Des nuages plein la tête"

Avant de quitter l'aéroport de Karaganda au Kazakhstan, Thomas Pesquet s'est dit "un peu fatigué", mais "content d'être de retour", et a brièvement décrit son atterrissage vu de l'intérieur. 

"On a beaucoup travaillé et puis là c’est une longue journée. C’est difficile de retrouver la gravité après avoir volé dans la station spatiale pendant six mois, mais j’ai plein de nuages dans la tête. C’est vrai que c’est assez sportif en fait. Il y a une séquence feux d’artifice quand on traverse le plasma avec les étincelles, les fenêtres qui brûlent. Ensuite l’atterrissage c’est un peu comme faire une queue de tonneaux sur l’autoroute à pleine vitesse, c‘est vraiment comme ça qu’on l’a ressenti. (...) Mon meilleur souvenir là-haut ? J’en ai plein, chaque jour j’avais un retour, mais je pense que le retour va rester dans les mémoires."

Sa mission ne fait pourtant pas l'unanimité. Pour l'ancien spationaute Patrick Baudry, l'intérêt est "quasi-nul sur le plan de la conquête spatiale".

"Ce type de mission, en 2017, ça me paraît complètement dépassé. Lorsqu’on envoie un Français dans l’espace, qui est un passager finalement, puisque ce sont les Russes et les Américains qui maîtrisent la station, on paie le voyage. La question que je me pose aujourd’hui, c’est quel est l’intérêt de la France, et l’intérêt tout court, de continuer à mener ce type d’expériences à bord d’une station spatiale dont le coût est exorbitant. On a dépassé les 180 milliards de dollars. Je ne comprends pas très bien ce qu’on fait à continuer à tourner en rond autour de la Terre."
L.A., avec Anaïs Bouitcha, Isabelle Gollentz et Claire Checcaglini