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"Une pratique barbare qui doit être interdite": la SPA lance une campagne choc anti-corrida

Une proposition de loi du député LFI Aymeric Caron, visant à interdire la corrida, va être examinée le 24 novembre à l'Assemblée nationale. En guise de soutien, la SPA vient de lancer une campagne choc. Dans une mise en scène d'un torero avec un chien, elle écrit: "Et si c'était un chien, accepteriez-vous qu'il soit tué au nom de la tradition?" Invité sur RMC ce vendredi, Jacques-Charles Fombonne, président de la SPA, a affirmé que 91% des jeunes étaient pour l'interdiction.

Un chien ou un chat devant un torero avec une lame aiguisée, la SPA vient de lancer une nouvelle campagne choc contre la corrida. Avec cette image, il y a un messsage: "Et si c'était un chien, accepteriez-vous qu'il soit tué au nom de la tradition?" (voir ci-dessous).

Une campagne qui arrive avec un timming qui n'est pas dû au hasard. Le 27 novembre, l'Assemblée nationale examinera la proposition de loi du député LFI Aymeric Caron, visant à interdire la corrida. D'après un sondage Ifop de 2018, 75 % des Français seraient favorables à son interdiction pure et dure.

Cinq ans de prison et 75.000 d'amende

"Depuis deux ans, nous avons assigné devant les tribunaux les communes, organisateurs et les toréros. Nous avons obtenu la reconnaissance du fait que la corrida était un sévice grave contre un animal, donc une action pour laquelle vous encourez cinq ans d’emprisonnement et 75.000 d'amende", explique Jacques-Charles Fombonne, président de la SPA, invité sur RMC ce vendredi.

Sauf qu'à cette réglementation, il y a des exceptions. Ce sont les départements dits "taurins" et ils sont une dizaine. Ce que souhaitent les associations de protection des animaux, c'est la fin de cette exception.

Une auditrice de RMC, habitante de l'Hérault, a estimé que "c'était une tradition locale", et que si cela ne plaît pas, "il ne faut pas venir". Tout comme le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau, qui a assuré mardi que cette pratique faisait "partie des traditions culturelles françaises". Un argument balayé par le président de la SPA.

"On fait durer la torture", selon le président de la SPA

"Il n'est pas acceptable de dire 'il y a une mise à mort mais si vous ne voulez pas le voir, tournez la tête et ne venez pas'. C’est quelque chose qui ne peut pas faire sens dans une société où on vit tous ensemble, dans une République où la loi doit s’appliquer sur l’ensemble du territoire", affirme-t-il.

Selon lui, "on va torturer un animal pendant une vingtaine de minutes pour le mettre à mort dans un spectacle payant et on va faire durer la torture pour que le spectacle dure le plus longtemps possible".

Jacques-Charles Fombonne estime que "petit à petit, cette prétendue tradition va devenir quelque chose d'un autre temps, qui disparaîtra d'elle-même. Le boulot des associations de protection animale est de précipiter cette chute. Il faut faire que cette pratique délictuelle et barbare devienne complètement interdite".

D'après le président de la SPA, 91% des jeunes seraient opposés à la corrida, et espère que les députés entendront ce son de cloche.

AB