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Vague de chaleur automnale: un exemple concret du dérèglement climatique?

Les températures ne baissent toujours pas en France, alors qu’octobre touche à sa fin et que l’on se dirige vers un mois historique en termes de chaleur.

De 19 à 26 degrés, avec des pointes à 28 degrés localement dans le Sud-Ouest… Non, nous ne sommes plus en été. Pourtant les températures continuent de rester élevées en cette fin octobre, un mois qui s’annonce historique avec ces chaleurs au goût d’été.

Avec une moyenne mensuelle prévue entre 16,8 et 17,3 degrés sur l’ensemble du territoire, la "situation de forte anomalie va persister jusqu'à la fin du mois, avec une hausse moyenne de +3,7 degrés par rapport aux normales" de saison, indique Pascal Scaviner, responsable du service prévisions à La Chaine Météo. Les précédents records dataient de 2006 (+2,37 degrés) et de 2001 (+2,69 degrés).

“C’est vraiment énorme. On a battu des records mensuels de températures que ce soit le jour ou la nuit. Notamment à Orthez (Pyrénées-Atlantique), où l’on a atteint 34 degrés le 18 octobre”, précise Géraldine De Mori, responsable du service météo de RMC.

Selon Géraldine De Mori, ces températures excessives pour cette période de l’année concernent “tout le pays, et ce n’est pas terminé. Les températures vont encore continuer de grimper dans les prochains jours”.

Une sécheresse qui risque de s’accentuer

Si le mercure reste élevé aussi longtemps, Géraldine De Mori explique aussi les raisons climatiques provoquant la durabilité de ce temps estival par un enchaînement de “perturbations sur l’Atlantique qui ont agi comme des pompes à chaleur, en faisant remonter l’air brûlant du Sahara. C’est ce qu’on appelle une plume de chaleur. (...) C’est un exemple très concret du réchauffement climatique”.

Et du côté des climatologues, c'est plutôt l'inquiétude qui domine. "Cette année, on est clairement dans un emballement. A l'exception d'une petite période en septembre, on assiste à des mois particulièrement chauds non stop depuis avril. On a l'impression que l'atmosphère a de plus en plus de mal à se refroidir", analyse Christine Berne, climatologue chez Météo-France.

"Sans le réchauffement climatique" causé par les gaz à effet de serre émis par l'homme, "on n'aurait pas des températures aussi chaudes, le dérèglement du climat contribuant à des phénomènes extrêmes plus fréquents et plus intenses, devenant plus précoces et plus tardifs", souligne-t-elle.

Avec de telles chaleurs "la probabilité de compenser le fort déficit de précipitations depuis le début de l'année est faible, et donc la sécheresse de surface va encore s'accentuer", alerte Pascal Scaviner.

Le Sud de la France plus touché, même la nuit

Depuis plusieurs jours, le mercure s'affole donc particulièrement dans le sud du pays, avec, selon Pascal Scaviner une "accentuation depuis le 16 octobre. En début de mois, les températures étaient supérieures de 2,56 degrés par rapport aux normales, mais depuis le 16, on est à + 5 degrés".

Pire encore, dans plusieurs villes du sud, le thermomètre ne descend pas franchement une fois le soleil couché.

Par exemple, le 23 octobre, Gaétan Heymes, prévisionniste chez Météo-France, faisait état sur Twitter de "nuits tropicales" (températures ne descendant pas sous les 20 degrés) dans plusieurs villes du Sud-Est, comme Marignane (21,9 degrés), Arles (20,7) ou Montpellier (20,5). Une tendance qui continue de se poursuivre.

Du côté de Toulouse, le mercure n'est jamais descendu sous les 20 degrés depuis le début du mois. Résultat: les terrasses ne désemplissent pas et les moustiques restent bien présents.

Une situation qui réjouit les vacanciers de la Toussaint: dans les Pyrénées-Orientales, les plages font le plein, et dans les Landes l'affluence est telle que plusieurs communes ont prolongé la surveillance des plages jusqu'à dimanche.

"La réflexion est en cours afin de savoir si on garde le dispositif en place pour la deuxième semaine des vacances scolaires en fonction des prévisions météo attendues", selon Julien Lalanne, responsable de la surveillance des plages à Hossegor, où l'eau est encore de 19 degrés.

Géraldine De Mori, A.L et l'AFP