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Bouées de cou pour les bébés: "Si jamais elles se percent, c'est catastrophique"

Les bouées de cou sont censées favoriser la motricité du bébé.

Les bouées de cou sont censées favoriser la motricité du bébé. - Capture Youtube / Pok Su

Les bouées de cou, un danger pour les enfants? Selon une étude de l’Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa), ce type de bouée censé favoriser la coordination des bébés est en réalité "le moins sécuritaire" pour la baignade. Rémy Assathiany, pédiatre, recommande plutôt les dispositifs de flottaison en liège ou en mousse.

Dr. Rémy Assathiany, pédiatre à Issy-les-Moulineaux et membre de l'Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa).

"Je pense que les bouées de cou ne sont pas adéquates, il vaut mieux les éviter. Ça laisse l’enfant avec juste la tête hors de l’eau, le reste du corps étant immergé, ce qui est déjà moyen. En plus, c’est gonflé avec de l’air. Si jamais cela se dégonfle ou crève, par une malfaçon ou pour je ne sais quelle raison, c’est catastrophique: l’enfant n’est plus soutenu. Tant que la bouée est gonflée, elle remplit son rôle.

Je ne pense pas que le risque soit pour les cervicales du bébé; le risque majeur est celui de la noyade. Il y a encore trop de noyades d'enfants en France et ailleurs.

"Il faut avoir les yeux fixés en permanence sur l’enfant"

Déjà, l’enfant doit être sous la surveillance constante et attentive d’un adulte; celui-ci ne doit pas prendre l’apéro pendant ce temps-là, ne doit pas téléphoner, discuter avec des amis...

Comme un maître-nageur, il faut vraiment avoir les yeux fixés en permanence sur cet enfant. C’est beaucoup mieux qu'il reste à proximité de ses parents, immergés avec lui dans l’eau. Ce qui permet deux choses: d’une part d’avoir des relations, des interactions entre l’adulte et l’enfant, et deuxièmement d’être à proximité si jamais il y a un souci.

"Des dispositifs de flottaison en mousse ou en liège"

Il faut des dispositifs de flottaison en mousse ou en liège, mais pas quelque chose de gonflable, en raison du risque de crevaison par lâchage de suture par exemple, ou d’un instrument contondant méconnu.

En résumé, si on ne se baigne pas avec l’enfant, il faut avoir une surveillance constante et obsessionnelle, pas juste être présent comme ça en faisant 1000 autres choses en même temps. On peut aussi apprendre à nager à l’enfant rapidement, à partir de quatre ans, même si les mêmes règles de surveillance continuent à s'appliquer."

Propos recueillis par Liv Audigane