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Carburant: malgré des accès prioritaires, la galère des soignants pour trouver de l'essence

Les queues s'allongent devant les stations-services pour les Français qui ont besoin d'essence

Les queues s'allongent devant les stations-services pour les Français qui ont besoin d'essence - Nicolas TUCAT / AFP

La situation se complique à la pompe. Plusieurs stations-service, des Hauts-de-France notamment, ont réservé leur accès aux personnels soignants ce jeudi. Malgré ça, les carburants manquent, les files d'attente s'allongent et certains ne parviennent pas à faire le plein.

Situation de plus en plus compliquée à la pompe. 15% des stations-services sont privées de tout ou une partie de leurs carburants en raison d'une grève pour les salaires chez TotalEnergies. La ministre de la Transition énergétique a assuré jeudi soir que le gouvernement était "en train de renforcer les approvisionnements pétroliers depuis la Belgique et depuis Rouen, par bateau".

"Quelques stocks stratégiques" ont aussi été libérés, mais la situation ne devrait pas s'améliorer avant "deux, trois jours a priori", explique Agnès Pannier-Runacher.

Dans les Hauts-de-France, trois stations sur dix sont touchées. La préfecture du Pas-de-Calais a même décidé jeudi de réserver l'accès à sept stations-services du département aux véhicules d'urgence, avec filtrage de policiers jusqu’à 18h. Malgré cet accès prioritaire, nombre de soignants qui ont besoin d’essence pour leurs tournées ou se rendre à l’hôpital n’ont pas pu faire leur plein.

A Bruay-la-Buissière, pour accéder à la pompe à essence, des centaines de voitures font la queue. “Il n’y a pas d’essence, il n’y en a plus”. En tant qu’infirmière, Élodie était pourtant prioritaire. Isabelle, aide soignante, patiente dans sa voiture jaune depuis plus d’une heure.

“Depuis 17h15, on fait la queue. Mais là, il est 18h26 et il n’y a plus rien. On est roulé en tant que personnel soignant”, regrette-t-elle.

Un retour à la normale d'ici deux, trois jours?

Christian, agent de sécurité du supermarché, a martelé le même message. Nombre de soignants n’ont pas pu faire le plein. “Il y a une personne sur dix qui est soignante et qu’on refuse parce que c’est vide. Et malheureusement, il faut entre 1h et 1h30 pour arriver à la station”, indique-t-il.

Difficile pour certains soignants, comme Richard, de se libérer pendant les horaires de travail.

“J’étais en tournée… Il me reste un quart de réservoir, je travaille demain et tout le week-end donc je ne sais pas comment je vais travailler. Je ne fais que du domicile, donc je fais 150 bornes par jour. Je me demande si je ne vais pas annuler des tournées”, confie-t-il.

Il pourra tenter sa chance ce vendredi matin, les soignants seront à nouveau prioritaires. D’après un élu de la région des Hauts-de-France, les automobilistes devront encore patienter trois à quatre jours pour retrouver une situation normale dans les stations.

Maryline Ottmann avec Guillaume Descours