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Carburant: tomber en panne en pleine urgence, la crainte des ambulanciers

Les ambulanciers font partie, comme les soignants, des personnes avec un accès prioritaire aux pompes à essence. Mais pas dans toutes, ni tout le temps. Pour beaucoup, il faut adapter les horaires et travailler avec la crainte de tomber en panne, parfois en pleine urgence.

30,8% des stations-service étaient encore en difficulté d’approvisionnement mercredi selon le ministère de la Transition énergétique. La situation est toujours particulièrement compliquée dans les Hauts-de-France avec 42,6% des stations-service touchées.

Dans le Nord, infirmiers, aides-soignants, médecins et ambulances sont prioritaires pour faire le plein, mais dans certaines stations seulement et à certaines heures. Sur le départ pour rapatrier un patient depuis l’hôpital, plus d’essence à la pompe, l’ambulance tombe en panne sèche. La scène date d’il y a quelques jours et Yannick, ambulancier, préfère l’oublier.

“Je pense à sa famille forcément. Ça nous fait peur quand on voit que l’aiguille s’approche de la zone rouge, qu’on a du mal à trouver du carburant, et qu’on doit partir sur une urgence. On a peur de tomber en panne avant d’arriver ou même pire, on a peur de tomber en panne avec le patient” explique-t-il.

La priorité en station pour les ambulances, une nécessité?

Une ambulance consomme jusqu’à plein par jour. Son collègue, Elie, l'avoue, les journées sont plus longues et fatigantes.

“Il faut peut-être partir plus tôt, finir plus tard pour mettre le plein. Ça me ferait mal au cœur de dire ‘monsieur, je ne peux pas venir vous chercher parce qu’il n’y a plus de carburant’”, indique-t-il.

Derrière son écran, le gérant Hamou prend les appels des patients. Chaque jour, les courses à plus d’une heure restent en sursis. “On a dû refuser des courses parce qu’on n'a pas de gazole. On reste dans la métropole, on fait les courtes distances”, précise-t-il. Il préfère prendre les devants et prend la direction de la Belgique tous les soirs pour faire le plein et ramener des réserves de carburant.

“Au lieu de terminer et de rentrer à 20h, on rentre des fois à 23h ou 23h30. Ça chamboule tout notre planning”, précise-t-il.

Il demande la priorité pour les ambulances à toutes les stations.

Maryline Ottmann avec Guillaume Descours