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"Ces affiches ne luttent pas contre les violences mais font la promotion du voile": Caroline Fourest tacle la campagne du Conseil de l'Europe sur le hijab

L'essayiste Caroline Fourest dénonce ce mercredi sur RMC une campagne publicitaire du Conseil de l'Europe, affirmant que "la liberté est dans le hijab".

Une campagne visant à lutter contre l'islamophobie est au cœur de la polémique. Lancée par le Conseil de l'Europe à la fin du mois d'octobre, cette campagne défend, à travers une dizaine de visuels disponibles sur le site de l'institution et diffusés sur les réseaux sociaux, le port du voile comme un choix. "Mon voile, mon choix" peut-on lire sur des photos de femmes voilées. Mais le slogan qui fait polémique c'est surtout "la beauté est dans la diversité, comme la liberté est dans le hijab".

Sans surprise, de nombreux politiques de droite et d'extrême-droite ont promptement réagi, dénonçant notamment l'usage de fonds publics pour promouvoir le port du voile. Le gouvernement, par l'intermédiaire de la Secrétaire d'État chargée de la Jeunesse et de l'Engagement , a lui aussi réagit. Sarah El Haïry a assuré mardi soir sur LCI que "la France avait fait part de sa désapprobation extrêmement vive".

"C'est très grave, c'est terrible. L'inégalité est dans le hijab, étant donné que seules les femmes doivent porter le hijab et que les hommes ont la liberté de montrer ce qu'ils veulent", a déploré ce mercredi sur RMC l'essayiste Caroline Fourest. La liberté est dans la démocratie, c'est la liberté démocratique qui permet à des femmes de porter librement le voile dans la rue sans qu'on vienne leur demander de le retirer", ajoute-t-elle.

"Cette campagne ne vise pas à lutter contre les agressions de femmes voilées dans la rue ce qui pourrait nous réunir mais seulement à promouvoir le port du voile pour les femmes auprès de la jeunesse et leur dire que la liberté c'est de porter le voile", ajoute-t-elle.

Lobbying

L'essayiste dénonce "la pire et la plus voyante" des campagnes qui existent depuis des années. Et selon elle, ces campagnes sont organisées par le département inclusion et lutte contre les discriminations du Conseil de l'Europe qui travaille en partenariat avec des associations proches des Frères Musulmans: "Ces associations sont créées spécifiquement pour faire du lobbying auprès des instances européennes pour obtenir ce genre de campagnes". Et de citer l'European Forum for Muslim Women, la Femiso et l'European Network against Racism (Enar)

"L'Enar touche un million d'euros de subventions par an de notre poche pour mener des campagnes sous prétexte d'anti-racisme. Ces organisations sont quasiment utilisées pour faire des formations sur la lutte contre l'incitation à la haine. Mais l'incitation à la haine pour eux, c'est de la lutte contre le blasphème. Dès qu'un propos laïque ou féministe est tenu, il est considéré comme islamophobe", assure Caroline Fourest.

Et selon elle, même les pays du Golfe, très conservateurs, ont arrêté, à l'exception du Qatar, de financer ces organisations.

Caroline Fourest dénonce également les propos d'Eric Zemmour, le polémiste d'extrême-droite déjà condamné pour incitation à la haine envers les musulmans, qui a réagi mardi à la campagne du Conseil de l'Europe, évoquant un djihad publicitaire: "Les mots qu'il choisit d'employer, les séquences qu'il fait comme demander à une femme dans la rue d'enlever son voile, c'est exactement ce qui nourrit la propagande victimaire des islamistes. Et les extrêmes se font la courte échelle depuis des années", ajoute l'essayiste qui plaide pour un travail "précis et lucide" pour signaler et alerte les fondamentalistes au sein des populations musulmanes.

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G.D.