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RSA pour les salariés non vaccinés suspendus: des présidents de départements protestent "contre ce régime dérogatoire"

Les présidents socialistes de 15 départements ont écrit au Premier ministre pour protester contre le fait de rendre éligibles au RSA les salariés suspendus pour absence de pass sanitaire.

Selon une décision ministérielle, le RSA devrait être versé aux salariés non vaccinés suspendus sans prendre en compte les revenus des trois derniers mois des personnes, afin de les rendre d'emblée éligibles au RSA.

Un "régime dérogatoire" auquel s'opposent 15 présidents socialistes de département –le RSA étant un dispositif de compétence départementale. "Nous avons plein d'allocataires qui ne doivent pas être vaccinés et à qui nous versons l'allocation, nous ne vérifions pas. La question qui se pose c'est: doit-il y avoir un régime dérogatoire qui ont vu leur contrat suspendu et qui demanderaient le RSA?", a expliqué Michel Ménard, le président du département de Loire-Atlantique chez les GG.

"Notre problématique, c'est que le gouvernement a décidé que contrairement aux autres demandeurs du RSA il n'y aurait pas de référence au salaires des trois derniers mois. Un demandeur de RSA qui a touché plus de 1.700 euros pendant les trois derniers mois ne peut pas prétendre au RSA, il faut qu'il attende trois mois. Nous considérons qu'il y a inéquité de traitement. Mais si cette personne ne travaille pas au bout de trois mois, évidemment elle sera éligible au RSA de la même manière que les autres demandeurs. Nous ne trions pas entre vaccinés et non-vaccinés", at-il développé.

"Comment nos conseillers pourront recevoir des gens qui ont déjà un métier?"

"L'Etat a décidé de suspendre les contrats de travail de ces personnes, c'est à lui d'en assumer les conséquences. Le RSA a d'autres missions, c'est une allocation et un accompagnement vers l'emploi et l'insertion. Comment nos conseillers pourront recevoir des gens qui ont déjà un métier?", a-t-il encore argumenté.

Le nombre de personnes concernées devrait être minime, indique-t-on de source proche du dossier, car peu de professions sont concernées (restauration, loisirs, hôtellerie, secteur hospitalier...) et beaucoup se sont fait vacciner. Par ailleurs, certaines entreprises financent les tests PCR et antigéniques, devenus payants, ou ont affecté les salariés concernés à des tâches où ils ne sont plus en contact avec le public.

P.B. avec AFP