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Ces banques qui prélèvent illégalement des frais à leurs clients en difficulté

Ce jeudi, l’Union nationale des associations familiales et 60 millions de consommateurs, affirment que deux banques appliquent des frais "illégaux" à leurs clients.

Peut-on faire confiance aux banques? Dans la grande majorité des cas la réponse est évidemment oui. Mais les clients de la Caisse d’Epargne et des Banques populaires, peuvent sérieusement en douter.

Deux associations révèlent que ces deux banques, qui font partie du même groupe et rassemblent pas moins de 30 millions de clients en France, ont, depuis un an, changé leur système informatique et depuis, facturent des frais bancaires qui posent question.

Des frais d'intervention plus élevés

Habituellement, quand vous êtes dans le rouge, que vous dépassez votre autorisation de découvert, si vous continuez à utiliser vos moyens de paiement, vous êtes facturé 8 euros de frais d’intervention à chaque paiement. Ce plafond de 8 euros est inscrit dans la loi, c’est connu.

Mais depuis plus d’un an, ces banques ne se contentent pas de facturer les opérations faites une fois le découvert dépassé. Elles prennent comme référence le solde de fin de journée et s’il est négatif, elles vont sanctionner de 8 euros toutes les opérations de la journée. Même celles qui ont été faite avant que vous soyez à découvert.

Par exemple, pour le même compte en 2017, vous aviez 8 euros de commission d'intervention mais en 2018, vous risquez de payer, 16 euros ou même 32 euros car vous allez payer pour les quatre opérations de la journée alors que vous n'étiez pas dans le rouge. Des frais facturés à l’insu des clients, qui en plus sont déjà en difficultés.

Une facturation "illégale"

Les deux associations dénoncent donc une facturation "illégale" car ces banques facturent un incident de compte alors qu’il n’y a pas eu d'incident sur ce compte. Une enquête est en cours pour savoir si d'autres banques sont concernées pour éventuellement prendre des sanctions. Des soupçons se portent sur le Crédit mutuel.

Le gouvernement a pourtant annoncé un plafonnement des frais bancaires mais il n’a pas prévu d’obliger les banques à plafonner ces frais et compte simplement sur leur bonne volonté. De plus, ce plafonnement ne concerne que les gens en très grande difficulté soit, 350.000 personnes.

L'UNAF et 60 millions de consommateurs demandent donc que tous les clients aient un plafonnement de ces frais. Chaque année, les frais bancaires rapportent 6 milliards et demi d’euros avec une marge de 85% sur ces frais.

Marie Dupin (avec C.P.)