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Désobéissance civile: le préfet de la Vienne veut couper les subventions d’une association

Préfet de la Vienne, Jean-Marie Girier a saisi le tribunal administratif pour faire cesser les subventions de la mairie et de l’agglomération de Poitiers à l’association Alternatiba, qui prône la désobéissance civile.

La fin des subventions pour les associations qui encouragent la désobéissance civile ? C’est le souhait du préfet de la Vienne, Jean-Marie Girier, qui a saisi le tribunal administratif à propos des 15.000 euros accordés par la mairie et l’agglomération de Poitiers à l’association Alternatiba.

"Au mois de septembre, à Poitiers, Alternatiba a organisé une manifestation avec un village dans lequel il y avait des ateliers, qui étaient organisés par Extinction rébellion, Greenpeace ou encore Bassines non merci, le principal organisateur de la manifestation de Sainte-Soline. Il y avait des ateliers de désobéissance civile pour apprendre à bloquer, à casser même. Au cours de ces ateliers, il a été appelé à détruire des engins de chantier. C’est le rôle du préfet de contrôler les actes de légalité. Moi, j’ai considéré qu’il n’était pas légal qu’une collectivité finance un évènement avec de l’argent public pour inciter à commettre des actes illégaux", explique-t-il dans "Apolline Matin" ce mardi sur RMC et RMC Story.

"On n’a pas le droit d’intimider, de menacer ou de casser"

Les affrontements qui ont eu lieu samedi dernier à Sainte-Soline, autour d’un projet de méga-bassine, illustrent selon Jean-Marie Girier le caractère illégal de la désobéissance civile. "Au cours de ces ateliers, on a appelé à faire stopper les chantiers, ce qui était le but de la manifestation de Sainte-Soline. Est-ce que détruire des engins de chantier, c’est de la désobéissance civile? En droit français, la désobéissance civile, ça n’existe pas. La loi, ce n’est pas à la carte. Il n’y a pas les lois qui vous conviennent et celles que vous jugeriez illégitimes et que vous décideriez de ne pas respecter. Dans un Etat de droit, l’égalité entre les citoyens repose sur le respect des droits. On a le droit de s’opposer, de manifester, de contester devant les tribunaux. Mais on n’a pas le droit d’intimider, de menacer ou de casser, comme on l’a vu ce week-end."

Pour faire stopper les subventions à cette association, le préfet de la Vienne s’appuie sur la loi "confortant le respect des principes de la République", dite "loi séparatisme". "Je crois que la désobéissance civile, c’est inciter à une action contraire à la loi, assure Jean-Marie Girier. On ne peut pas imposer ses idées par la violence. J’ai une pensée pour les agriculteurs, qui vont vu leur outil de travail être attaqué, pour les gendarmes qui sont blessés. Sainte-Soline, ce week-end, c’était un défi à l’Etat de droit. Cette désobéissance-là des anti-bassines, elle ne désigne rien d’autre que des voies de fait qui viennent piétiner la loi démocratique." Début octobre, le conseil municipal de Poitiers avait voté pour le maintien de la subvention à l’association Alternatiba.

LP