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Manifestation contre les mégabassines: au moins 65 blessés, tensions entre gendarmes et manifestants

Beaucoup de tension dans le cortège de la manifestation contre les méga-bassines à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), qui avait été interdite par la préfecture. Des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont eu lieu. Au moins 65 blessés sont à déplorer, que ce soit côté gendarmes ou manifestants. Le ministre de l'Intérieur dénonce un "rassemblement très violent".

Journée de tension dans les Deux-Sèvres. A l'appel du collectif "Bassines non merci", 3.000 à 4.000 manifestants, dont des personnalités politiques, se sont rassemblés à Sainte-Soline, contre ces retenues d'eau servant aux agriculteurs pendant les périodes de sécheresses, selon la police, et 7.000 personnes selon les organisateurs. Une manifestation qui avait été interdite, au préalable, par la préfecture.

Après ce rassemblement, 61 gendarmes ont été blessés dont 22 sérieusement, et le collectif à l'appel de ce rassemblement parle de 60 manifestants blessés dont cinq hospitalisés. La préfecture dénombre quatre blessés communiqués par les secours.

Six interpellations

La préfète Emmanuelle Dubée a fait état hier soir de six interpellations à l'issue de ce rassemblement et a dénoncé la présence de "400 profils black-block et activistes très violents". Les échauffourées ont commencé en fin de parcours quand la manifestation est arrivée près des grillages de la méga-bassine:

"Il y avait énormément de policiers et dès qu'on s'approchait un peu trop près, ça balançait des bombes lacrymogènes; Malgré la musique et l'ambiance plutôt pacifiste, je me suis pris des gazs, au niveau des oreilles c'était très fort, donc on est partis en courant" témoigne Stéphanie, mère de famille et manifestante.

"Un rassemblement très violent" selon Darmanin

Une partie des manifestants ont tenté de pénétrer dans la méga bassine. Les Gendarmes ont dû les déloger. Tout autour des lieux, les manifestants sont restés présents. Selon la préfecture, des jets de pierre, de cocktails Molotov et des actes extrêmement violents ont été commis. Des actes auxquels les force de l’ordre ont répondu par des gazs lacrymogène, des bombes de désencerclement et parfois des coups de matraque. Un gros dispositif de sécurité est resté présent toute la nuit selon le ministère de l’Intérieur

Sur le terrain politique, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, dénonce "un rassemblement très violent". Son entourage fait savoir qu'il est rentré à Paris, ce samedi, pour suivre la situation. Il réclame aux partis politiques de condamner les violences des manifestants. Moins de 30 minutes plus tard, le locataire de la Place Beauvau reçoit une réponse claire de Jean Luc Mélenchon, qui accuse - au contraire - les forces de l'ordre d'avoir frappés et aspergés de lacrymogènes des députés de la NUPES. L'écologiste Sandrine Rousseau dénonce de son côté l'importance du dispositif policier.

Lucie Rispal et Cyprien Pézéril avec MM