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"Eco-terrorisme" à Sainte-Soline: "La terminologie de Gérald Darmanin n’est pas fausse" selon Marc Fesneau

Invité d’"Apolline Matin" ce lundi sur RMC et RMC Story, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau a rappelé la légalité du projet de mégabassine à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), comprenant le terme d’"éco-terrorisme" utilisé par son collègue du gouvernement, Gérald Darmanin.

"Une forme d’éco-terrorisme". C’est ce qu’a dénoncé Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, après les affrontements qui ont lieu ce samedi à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) entre des manifestants contre un projet de mégabassine et les forces de l’ordre. Invité d’"Apolline Matin" ce lundi sur RMC et RMC Story, Marc Fesneau, le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, a validé l’utilisation de ce terme, sans le reprendre lui-même directement.

"Quand vous exercez de la violence pour faire passer vos idées, il me semble que la terminologie employée par Gérald Darmanin n’est pas fausse, a expliqué Marc Fesneau. Quand vous menacez des gens, des sites, des biens et des personnes, vous agissez par la force et la violence pour faire passer vos idées. C’est inacceptable. Il me semble que cette terminologie est juste."

"Il n’y a aucune raison de laisser un groupuscule s’opposer à ce projet"

Marc Fesneau souligne la légalité de ce projet de grande retenue d’eau. "Il y a la tentation pour un certain nombre de gens de s’abstraire des règles de droit et de s’opposer, par la force ou l’opposition physique, à des projets qui ont reçu toutes les autorisations, je le rappelle, et qui doivent se dérouler. Je vois bien la tentation de ceux qui sont sur le terrain qui essayent de s’opposer à ce projet, par des voies qui ne sont pas des voies légales. Comme l’a rappelé très justement Gérald Darmanin hier (dimanche), il n’est pas question pour nous de laisser faire ça. Si vous laissez faire ça, tout projet, ici de l’eau ou un autre, va se trouver entravé parce qu’un certain nombre de gens ultra-minoritaires décident de s’y opposer. Force doit rester à la loi. Les projets sont légaux. Ils doivent pouvoir se déployer."

Et le ministre de l’Agriculture défend l’utilité de cette mégabassine. "Ce projet-là vise, contrairement à ce qui est dit, à éviter du prélèvement qui est fait aujourd’hui dans la nappe en période estivale, à faire en sorte qu’on réduise. Contrairement à ce que disent ses détracteurs, c’est un projet d’intérêt général. Ils l’ont d’ailleurs validé au niveau local, pour un certain nombre d’entre eux. Dès lors qu’on est dans un projet qui est légalement acté et qui porte un intérêt général, il n’y a aucune raison de laisser un groupuscule, quelques centaines de gens, s’opposer à ce projet-là. Si on fait ça sur tous les projets, on se retrouve face à des gens qui défendent des intérêts particuliers et pas l’intérêt général."

"Il y a besoin d’eau pour faire de l’agriculture"

Pour Marc Fesneau, les arguments des opposants sur la privatisation de la ressource sont hors-sujet. "Ils ont sans doute mal lu le dossier. La plupart des exploitants concernés sont en système de polyculture-élevage, donc des gens qui font du lait et de la viande et des cultures pour nourrir leurs animaux. Ce sont plusieurs centaines d’agriculteurs. Je ne vois pas où est la privatisation. Les autorisations de pompage sont délivrées dans le cadre du protocole qui a été signé avec l’Etat. Et avec des engagements, par ailleurs, de réduction des produits phytosanitaires. L’accès à l’eau est conditionné à la réduction de l’usage des produits phytosanitaires. Ça a été dit par les études diverses et variées, y compris par un certain nombre d’associations environnementales, qui ont reconnu que ce projet était de ce point de vue là un projet qui allait plutôt dans le sens de l’exemplarité."

"Qu’on n’arrive pas à avoir un débat sur l’eau avec un certain nombre de gens qui sont excessifs dans leurs propos, je l’entends, reconnait le ministre de l’Agriculture. Mais il y a besoin d’eau pour faire de l’agriculture."
LP