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Écoles musulmanes en France: à quoi ressemblent ces établissements?

Il y a environ 70 écoles musulmanes en France et elles sont particulièrement scrutées par le gouvernement, qui en accuse certaines de propager une idéologie fondamentaliste.

Un cours de mathématiques comme un autre... À ceci près qu'ici, plusieurs petites filles ont le droit de porter un voile. Pour le reste, c'est comme dans tous les collèges: "On suit le programme de l'éducation nationale, on ajoute en facultatif l'arabe et le culte. Notre but c'est de donner aux enfants le maximum de savoir", explique à RMC Rachid Bennani directeur du collège Al Bader de Nantes.

On compte 31 élèves au total dans l'établissement, répartis en trois classes de la 6eme à la 4eme. Des petites classes qui rassurent les parents : "J'ai mis ma fille dans cet établissement en raison de son bon niveau. Il y a un fort taux de réussite. On veut le meilleur pour nos enfants et cette école le donne. Il y a très peu de classes et d'élèves. Tout le monde se connaît et il y a de la bienveillance entre les enfants", explique Laura qui y a inscrit sa fille, après sa primaire dans le public.

Comme elle, la plupart des parents sont musulmans. Et ils voient la confession de l'école comme un vrai plus: "Clairement ça joue", explique Sami. "Avant on les mettait dans le privé catholique. Ce qui change c'est qu'ils ont des cours cultuelle et d'arabe en plus. Moi-même n'écrivant pas l'arabe et ne le parlant pas, ils me l'apprennent à la maison. C'est un avantage aussi".

Contrôle gouvernemental

Et alors que les établissements musulmans sont régulièrement pointés du doigt. Le directeur Rachid Bennani estime qu'au contraire des collèges comme le sien peuvent faire reculer l'obscurantisme: "Dans le public on parle de l'Islam mais il n'approfondi pas certaines valeurs qui sont malheureusement mal comprises par notre jeunesse. On est des musulmans français", rappelle-t-il.

Le gouvernement veut s'assurer de cette bonne volonté, par crainte de dérives communautaristes. Vendredi aux Mureaux, Emmanuel Macron veut donc renforcer les contrôles, et aller plus loin que la dernière loi déposée en la matière, en 2018 par Françoise Gatel, sénatrice UDI :"On a eu le cas de certaines écoles où comme par hasard quand les inspecteurs venaient, les enfants n'étaient pas là, ils étaient en sortie scolaire. L'établissement ne pouvait pas montrer les productions écrites des élèves. Ce n'est pas tolérable. Tous ceux qui ouvrent des écoles privées hors contrat n'ont rien à craindre d'un renforcement du contrôle".

L'exécutif aimerait notamment s'assurer qu'aucune puissance étrangère ne finance ces établissements.

Martin Bourdin et Martin Cadoret (avec G.D.)