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Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education, est-il vraiment "le meilleur de sa génération"?

RMC a voulu en savoir plus sur Jean-Michel Blanquer, le nouveau ministre de l'Education, invité ce lundi à 8h35 de Jean-Jacques Bourdin. A l'Essec, la grande école de commerce qu'il a dirigée jusqu'à son entrée au gouvernement, il a laissé un excellent souvenir, tant chez les enseignants que chez les élèves.

Il est totalement inconnu du grand public et pourtant, on dit le plus grand bien de lui. Jean-Michel Blanquer, le nouveau ministre de l'Education nationale, invité ce lundi à 8h35 sur RMC et BFMTV, serait même "le meilleur de sa génération", selon François Baroin, le chef de file des Républicains pour les législatives. "Son arrivée, c'est la meilleure nouvelle de ce gouvernement", confie l'ancien conseiller éducation de Nicolas Sarkozy.

Jean-Michel Blanquer semble s'être préparé à ce poste depuis toujours: il a dirigé l'académie de Créteil, a été directeur de l'enseignement scolaire, a dirigé l'Essec, prestigieuse école de commerce. A chaque fois il a gardé des contacts comme autant de petits cailloux semés sur le chemin de la rue de Grenelle où se trouve le ministère de l'Education. Jean-Michel Blanquer est un technicien de l'éducation : il aime les expérimentations sur le terrain. Il a créé des formations pour apprendre aux profs à tenir leur classe. Pour lutter contre l'absentéisme à Créteil, il avait mis en place une cagnotte: moins il y avait d'élèves absents, plus le montant de la cagnotte destiné à la classe augmentait.

"Grande capacité de travail, sens de l'innovation…"

A l'Essec, l'une des plus grandes écoles de commerce, où s'est rendue RMC, le nouveau ministre de l'Education a laissé également un bon souvenir. Chantal Dardelet a travaillé 3 ans avec Jean-Michel Blanquer, arrivé en 2013 à l'Essec. Sous l'impulsion de l'ancien directeur, elle a pu développer le programme égalité des chances qu'elle pilote. Son ancien directeur? "Il a une grande capacité de travail, il a le sens de l'innovation et n'a pas peur de prendre des risques. Il est également capable de faire travailler ensemble les différentes parties prenantes, de garder ce qui marche, de définir une stratégie et de la mettre en œuvre".

Même sentiment du côté des étudiants, qui décrivent un homme à l'écoute. "A la fin de chaque trimestre, sur la plateforme de l'Essec, on peut et doit noter chaque cours avec divers commentaires sur la pédagogie, sur les sujets abordés, sur ce qui peut être amélioré", cite en exemple Lorraine, étudiante en 2e année.

Des syndicats plus mesurés

Mais Jean-Michel Blanquer sera-t-il le ministre de l'élitisme en privilégiant les grandes écoles aux universités? C'est tout le contraire selon Clément, étudiant de 3e année. "Il ne faut pas oublier que M. Blanquer a certes été directeur de l'Essec, mais qu'il a fait tout son cursus à l'université. Le fait d'avoir fait ces deux systèmes lui permettra de prendre le meilleur de chacun"

Face à ce ministre d'un nouveau genre les syndicats d'enseignants eux sont plus mesurés. Ils n'oublient pas qu'il a dirigé l'enseignement scolaire sous Nicolas Sarkozy et qu'il a été l'artisan de la réduction du nombre de postes d'enseignants. Son premier grand dossier, la refonte des rythmes scolaires, donnera l'occasion au grand public de se faire un avis.

P. Gril avec S. Collié et J. Chehida