RMC

Pourquoi les langues régionales à l'école font-elles débat à l'Assemblée nationale?

Au pays basque, de nombreux parents font le choix de l'école privée pour que leurs enfants puissent avoir accès à la langue basque tout au long de leur scolarité. Leur souhait: que l'enseignement du basque puisse aussi se faire à l'école publique pour les générations futures.

"Cumu và?", "Milesker", "Kenavo"... Parlez-vous breton, basque, occitan ou corse? Les députés vont se pencher sur la question ce jeudi dans le cadre de l'examen à l'Assemblée de la proposition de loi Molac relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion.

L’objectif de ce texte est simple: permettre aux langues régionales d’être officiellement reconnues par la République. Aujourd’hui, aucune loi ne les protège ou ne les promeut. Parmi les mesures proposées, sont avancées la création d’un forfait scolaire obligatoire, c’est-à-dire une aide communale versée aux familles qui décideraient d’envoyer leurs enfants dans une école privée d’une ville voisine où l’enseignement se fait en langue régionale. La possibilité serait également donnée aux départements qui le souhaitent de rendre leur signalétique bilingue, notamment pour les panneaux routiers…

Plus de 50% des cours en langue régionale

Une disposition en particulier fait débat: l’inscription de la méthode immersive dans le code de l’éducation, c’est-à-dire proposer plus de 50% des cours en langue régionale. Le gouvernement a demandé la suppression de cet article et la juge contraire à la Constitution. 

S'il est possible actuellement dans des établissements privés de suivre une partie de ses cours en basque, breton occitan ou corse, les langues régionales ne sont pas promues dans les écoles publiques. Depuis qu'elle a trois ans, la fille de Sébastien Castet est dans une école privée où l'enseignement en basque est dominant pour lui, il était indispensable que sa fille soit au contact permanent de cette langue.

“Apprendre une langue régionale ou n’importe quelle langue, ça permet d’avoir des enfants au moins bilingues voire multilingues. Moi, je pense que c’est une richesse. Plus on maîtrise de langue, plus on est ouvert au monde et plus on est apte à appréhender des cultures autres que la nôtre”, explique-t-il.

Préserver les langues régionales

Au pays basque, il y a des écoles privées où le basque est enseigné, mais aussi une vingtaine d'écoles maternelles publiques qui l'expérimentent. Peio Jorajuria, membre du collectif "Pour que vivent nos langues", voudraient aller plus loin. “Nous ce que l’on souhaite, c’est que ce soit consolidé, que ce soit conforté par la loi, qu’on sorte du côté expérimental et le pratiquer comme une modalité normale d’enseignement”, assure-t-il.

Pour lui, il en va de la préservation de la langue basque comme des autres langues régionales.

“Il faut que l’école, qu’elle soit publique ou privée, forme des locuteurs en langue basque pour que demain, on puisse avoir un nuage de la langue dans la rue”, précise-t-il. 
Mahauld Becker-Granier avec Guillaume Descours