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Retour des évaluations en entrée de 6e et de CP: "Il ne faudrait pas que ça stigmatise"

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Jean-Michel Blanquer annonce le 29 août le grand retour des "évaluations diagnostiques". Elèves de CP et collégiens en 6e auront à plancher sur ces exercices dès la rentrée de septembre. Des syndicats de parents redoutent d'ores et déjà un "tri des élèves". Mais pour Nicolas, père d'un écolier de 6e, elles pourraient être bénéfiques. Il s'explique à RMC.fr.

Nicolas, 47 ans, est président d'une association de parents d'élèves (UNAAPE) à Trappes. Son fils, en 6e, composera à la rentrée sur les "livrets d'évaluation" fabriqués en juillet par la rue de Grenelle.

"Ce type d'évaluation nationale peut véritablement être un bon outil. Il peut fournir aux enseignants une photographie du niveau des élèves. C'est indispensable d'en prendre la mesure pour les aider à s'adapter à eux, à déceler leurs échecs, voire à mettre en place un enseignement différencié.

"Ne pas stigmatiser les établissements"

En observant les écarts de résultats, l'Education nationale pourra elle aussi déployer des moyens adéquats pour les établissements en difficulté.

Par contre, cette photographie ne doit pas servir à stigmatiser des établissements. A Trappes, les élèves sont assez hétérogènes dans leur ensemble. Que ce soit du point de vue ethnique, social ou des résultats scolaires. Si, dans telle ou telle école, on s'aperçoit que les élèves sont moins bons que la moyenne, quelle sera leur réaction? Et s'ils avaient peur de ne pas réussir à envoyer leurs élèves vers le secondaire?

"Imaginez que les résultats soient rendus publics, et que des parents décident d'éviter tel ou tel établissement parce que ses résultats sont trop faibles…"

"Dans ma génération, dès la première journée, on faisait une dictée"

Que ces évaluations perturbent ou stressent les enfants, c'est possible. Dans ce cas, qu'on s'adapte. On nous dit que les notes traumatisent les enfants. Je regrette, mais quand j'étais jeune, je n'étais pas traumatisé. Ce qui traumatise, ce sont les enseignants pas tendres qui rendent la copie…

Tout dépend de la présentation. Si on les force à faire une évaluation en leur faisant peur, c'est sûr que ça stresse. Si on contraire, on leur dit simplement que c'est un test pour voir où ils en sont, ils ne le vivront pas comme une contrainte. Cela dépend de l'élève. Je ne m'inquiète pas pour mon fils, qui est un bon élève assez scolaire.

Dans ma génération, dès la première journée, on faisait une dictée. On avait des contrôles surprises… Cette épée de Damoclès nous obligeait quelque part à réviser.

"Au CP, ça ne me paraît pas pertinent"

Certains ont besoin de stimulation. Et pour les autres, les meilleurs élèves, il faut s'adapter à eux aussi.

Autant je peux comprendre qu'on mette des évaluations en 6e. Mais au CP, ça ne me paraît pas pertinent. Le challenge n'est pas le même, dans la mesure où la maternelle n'est pas obligatoire. Tous les élèves n'ont pas forcément eu le même apprentissage avant."

Propos recueillis par Paul Conge