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Un maire est obligé de retarder la rentrée: "Le budget 2017 n'a jamais été prévu sans les contrats aidés"

Avec la réduction d'un tiers des contrats aidés d'ici à 2018, de nombreuses communes sont en difficulté à quelques jours de la rentrée.

A la demande du Premier ministre, les ministres de la Cohésion des territoires (Jacques Mézard), du Travail (Muriel Pénicaud) et de l'Education nationale (Jean-Michel Blanquer) recevront les associations des collectivités territoriales demain vendredi. Une rentrée des classes de plus en plus menacée dans certaines communes.

A la Réunion, en Guyane, dans le Calvados, la Manche, des dizaines de communes ont décidé de repousser la rentrée. En cause: la décision du gouvernement de réduire d'un tiers les contrats aidés d'ici à 2018. Les écoles, les mairies ou encore les hôpitaux sont directement concernés.

Derrière ces contrats, payés généralement au Smic et pris en charge pour tout ou partie par l'Etat, se cachent des gens que l'on croise chaque jour. Ils accueillent les enfants à l'école, éduquent les jeunes ou encore veillent sur les personnes âgées en maisons de retraite. Déjà réduits cette année, passant de 459 000 à 310 000 contrats entre 2016 et 2017, la baisse devrait s'accentuer: il y en aura moins de 200.000 en 2018, a promis le gouvernement.

"Il me manque quatre personnes pour encadrer les 315 élèves"

Pour Emmanuel Macron, qui le dit dans son interview au Point, les contrats aidés sont une "perversion de la politique de l'emploi", une "subvention déguisée vers les collectivités locales".

Mais Gaëtan Lambert, maire (SE) de Sartilly-Baie-Bocage, une commune de 2.700 habitants dans la Manche, risque d'être obligé de retarder la rentrée scolaire dans les deux écoles de la commune sans ces contrats aidés. "Il me manque quatre personnes pour encadrer les 315 élèves. Quatre emplois aidés qui étaient prévus sur tout le cycle scolaire. Le budget 2017 n'a jamais été prévu sans les contrats aidés. Il nous faudra trouver 35.000 euros. On ne peut pas faire la rentrée dans ces conditions. Il y a une fermeture administrative des écoles. Mais il est hors de question de laisser les élèves à la porte: on va faire une grande récréation, on va trouver des jeux; Je vais mobiliser le personnel technique et administratif présent, ainsi que les élus".

Amélie Rosique (avec A.M.)