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Gel: les arboriculteurs très inquiets pour la récolte de la saison

Les températures sont tombées en négatif ce week-end dans plusieurs régions de France. Un épisode de gel tardif, qui suit des températures plus chaudes, qui va avoir des conséquences sur les récoltes, notamment pour les arboriculteurs.

Pour la deuxième nuit consécutive, les températures tombent dans le négatif pour ce mois d'avril. Ces gels de printemps ont des conséquences désastreuses pour les cultures en France. Des températures de -5°C ou -6°C ont déjà été enregistrées dans la nuit de samedi à dimanche.

Ce gel est la bête noire des arboriculteurs. Il peut réduire à néant plusieurs mois de travail en quelques minutes. Pour la deuxième année consécutive, il menace de détruire les récoltes de pêches, abricots ou encore nectarines.

Près de Salon-de-Provence, dans la plaine de la Crau, les producteurs de pêche s’organisent pour sauver leur récolte. Pas le choix, Jean-Louis Reverter doit s’équiper pour affronter le gel qui menace ses 110 hectares de pêchers et d’abricotiers. “A -0,5, -1 degré, il n’y a plus rien. On doit tout protéger”, indique-t-il

C’est la première fois en 40 ans que cet agriculteur doit affronter deux épisodes consécutifs de gel tardif. L’an dernier, il avait perdu 85% de sa récolte.

“On n'aurait jamais pensé avoir deux années de suite en catastrophe. Et là, on a encore dépensé énormément d’argent en chaufferettes, bougies, main d'œuvre. On ne sait plus comment faire pour lutter contre le climat, ça devient compliqué”, explique-t-il.

Les tours à vent, une solution honéreuse

Outre la méthode traditionnelle, celle, plus industrielle, de la tour à vent, rencontre de plus en plus de succès. Un énorme ventilateur brasse de l’air chaud à près de 10 mètres de hauteur et le propulse au pied des arbres. Il faut tout de même compter environ 60.000 euros par tour.

“C’est un investissement important, mais qu’on va garder plusieurs années. Donc on va pouvoir l’amortir et ça nous semble être la meilleure solution”, indique Patrice Vulpian, vice-président de la fédération nationale des producteurs de fruits.

Depuis l’an dernier, 40 de ces tours ont été achetées par des producteurs de pêches dans cette région de la Crau.

Estelle Henry avec Guillaume Descours