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"Ils ont fracturé la porte et se sont installés": le calvaire d'Emmanuelle face aux squatteurs de son appartement depuis deux ans

Le sénat examinera ce mardi une proposition de loi pour renforcer l'arsenal juridique en expulsant plus rapidement les squatteurs. Ce qui éviterait des situations ubuesques, comme à Paris, pour cette propriétaire.

De son petit studio parisien, Emmanuelle ne peut aujourd'hui montrer que des photos. Cette blogueuse n'a pas eu accès à son appartement squatté depuis bientôt deux ans.

“Après le départ d’un locataire, ils ont fracturé la porte, ils sont rentrés et ils se sont installés. Comme on s’en est rendu compte plus de 48h après, on n’a pas pu les expulser directement comme le propose la loi”, témoigne Emmanuelle Iches.

Le problème, c'est que la femme qui l'occupe illégalement a un bébé. Et ne peut donc pas être expulsée tant qu'elle n'a pas été relogée. 

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Des mesures plus dissuasives

“Ce n’est pas à moi d’en subir les conséquences de ce manque de logement. Ce n’est pas normal que je me trouve dans cette situation avec deux ans de loyer impayés sachant que moi-même je suis locataire de mon appartement et que ça fait un an que je n’ai pas pu payer mon loyer à cause de ça”, indique-t-elle. 

Le texte examiné aujourd'hui au Sénat n'agit que sur la dissuasion des potentiels squatteurs. Avec une peine trois fois plus lourde, de 1 à 3 ans de prison. 

“D’un an à trois ans, c’est quand même plus dissuasif. La propriété est un droit sacré donc elle est inviolable”, indique Henri Leroy, le rapporteur du texte.

La proposition de loi propose également de créer un nouveau délit pour occupation frauduleuse d'une propriété. Résidence principale comme secondaire.

Pierrick Bonno avec Guillaume Descours