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"On dirait un concours de conneries": de plus en plus nombreux, les squatteurs ont-ils tous les droits?

Depuis plus d'un mois, les membres d'un collectif écologistes occupent illégalement un local appartenant au restaurant Le Petit Cambodge. Ils entendent dénoncer "la gentrification" de Paris. Un débat qui agite les "Grandes Gueules" de RMC ce mardi.

Depuis le 14 novembre, un restaurant parisien du 10e arrondissement est squatté par une association écologique. Ce restaurant, c'est Le Petit Cambodge où treize personnes avaient été tuées lors des attentats du 13 novembre 2015. Les squatteurs, membres du collectif de l'Arche ont changé les serrures et recouvert la façade du local messages revendicatifs dénonçant la spéculation immobilière et la pénurie de locaux associatifs et solidaires dans le quartier. Ils évoquent un lieu "à l'abandon depuis 5 ans".

"On a un bail, on paie un loyer, on continue de le payer et on ne peut rentrer dans nos locaux. A part des agressions sur les réseaux sociaux, on ne peut même pas discuter avec les squatteurs", déplore Simon Octobre, l'un des gérants du Petit Cambodge. 

Le squat d'un des lieux visés lors des attentats du 13 novembre a beaucoup fait réagir. Les messages de soutien au restaurant se sont multipliés et beaucoup de voix se sont élevées pour dénoncer l'occupation des locaux: "Il y aujourd'hui un référé pour pouvoir expulser les squatteurs, et j'espère qu'ils vont être virés comme des malpropres. On dirait que les écologistes font des concours de conneries", accuse Gilles-William Goldnadel dénonçant la complaisance d'Europe Ecologie-Les Verts. 

Car des membres d'EELV Île-de-France soutiennent la démarche du collectif qui occupe Le Petit Cambodge: "Je soutiens le combat, la demande que fait le collectif. Après la méthode m'importe peu, ce squattage va être temporaire il faut que le restaurant puisse ouvrir et finir ses travaux c'est important. Mais il faut aussi que ce collectif puisse trouver un lieu dans le quartier pour continuer d'exercer ses actions", plaide Guillaume Durand, le secrétaire général d'EELV Île-de-France.

Le soutien des habitants du quartier?

"J'ai en horreur totale les élus qui ne font pas respecter le droit. Tu es élu, tu fais partie de ceux qui représentent l'Etat et donc le droit. Quand j'entends cet élu, qui soutient la cause et le squat, quand j'entends Anne Hidalgo qui a du mal à condamner les radicaux qui bloquent Paris, j'ai beaucoup de mal, qu'ils soient écologistes ou pas d'ailleurs", martèle de son côté Joëlle Dago-Serry.

"Tous ces mouvements qui troublent l'ordre public sont là pour ça ! Si les gilets jaunes avaient revendiqué comme tout le monde, il n'y aurait pas eu toute cette retombée!", plaide de son côté Etienne Liebig. 

"Il s'agit de jeunes intelligents qui militent contre le réchauffement climatique et contre une société qui est en train de tout détruire au nom de l'ultralibéralisme", lâche de son côté Gérard, retraité parisien. "Les gens du quartier sont favorables à ce squat" croit-il savoir. "Ils sont favorables à un lieu où les jeunes se rassemblent au lieu de faire des conneries dans la rue", assure-t-il avant de donner rendez-vous à Gilles-William Goldnadel place Saint-Marthe.

En attendant, la justice a été saisie. Après une première audience houleuse le 18 décembre devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Paris pour réclamer l'expulsion des militants, les occupants d'un local sauront la semaine prochaine s'ils sont expulsés, a décidé mardi le tribunal judiciaire de Paris: la décision doit être rendue le 4 janvier.

G.D.