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Squats: "Je voulais prendre ma voiture et faire un strike, je n'en pouvais plus…"

Passé le délais de 48 heures d'occupation, la procédure d'expulsion d'un squat peut prendre des mois. (Photo d'illustration)

Passé le délais de 48 heures d'occupation, la procédure d'expulsion d'un squat peut prendre des mois. (Photo d'illustration) - AFP

TEMOIGNAGE - Maryvonne Thamin, cette octogénaire bretonne, saura aujourd'hui si elle peut réintégrer ou non son logement à Rennes, occupé depuis bientôt deux ans par des squatteurs. L'occasion pour RMC de recueillir le témoignage d'Arnaud, un père de famille poussé à bout par une trentaine de squatteurs en face de chez lui.

Maryvonne Thamin, cette octogénaire bretonne, va savoir ce vendredi si elle peut réintégrer ou non son logement à Rennes. Un logement occupé depuis bientôt deux ans par des squatteurs. Un retour à la normale, suspendu à la décision du tribunal d'instance de Rennes.

A l'époque, elle habitait chez son concubin. Mais quand celui-ci est décédé, ses héritiers ont décidé de mettre la maison en vente. Maryvonne a alors voulu retourner dans sa maison rennaise. Sauf que des squatteurs avaient pris possession des lieux et changé la serrure.

48 heures d'occupation

Aujourd'hui, la loi dit qu'une personne qui s'est introduite dans une résidence secondaire il y a plus de 48 heures n'est pas délogeable par la police. Seule une décision du tribunal peut entraîner une expulsion. Procédure qui peut prendre plusieurs mois.

Le 15 mai, Julien Aubert, député UMP du Vaucluse, a déposé une proposition de loi créant un "délit d'occupation sans titre". Il propose de frapper les contrevenants d'une sanction d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende.

"Trente personnes en bas de votre fenêtre"

Cette situation peut devenir infernale. RMC a recueilli le témoignage d'un père de famille qui a failli commettre l'irréparable, poussé à bout par des squatteurs noctambules. Pour Arnaud, sa femme et ses deux enfants, le calvaire a commencé il y a 4 ans. Une trentaine de squatteurs dans la bâtisse en face de chez eux. Avec des nuisances insupportables.

"Quand vous avez, à 2h du matin, des gens qui jouent du saxophone, du tambourin, qu'il y a peut-être trente personnes en bas de votre fenêtre, que vous avez un enfant en bas âge, raconte-t-il. Moi, ma femme m'a freiné deux/trois fois, parce que je vais vous le dire franchement: je voulais prendre ma voiture et faire un strike, je n'en pouvais plus…"

"Ca peut durer des mois"

En tout, le calvaire aura duré un an et demi. Un cas de figure classique pour Grégory Cherki, avocat spécialiste de l'immobilier. Car si l'infraction date de plus de 48 heures, la police ne peut intervenir sans décision de justice.

"Passé le délais de 48 heures, vous êtes obligé de saisir le tribunal d'instance pour obtenir un jugement d'expulsion. Ca peut durer plusieurs mois selon les tribunaux".

Pour tenter de dissuader les squatteurs, une proposition de loi de l'UMP doit être déposée pour faire de cette infraction un délit passible de 15.000 euros d'amende et d'un an de prison.

C. P. avec Benoît Ballet