RMC

Interdire le salafisme, "c’est comme interdire le chômage, ce n’est pas si simple"

Anouar Kbibech, vice-président du CFCM, le conseil français du culte musulman, veut combattre le salafisme radical, mais explique que l'interdire, comme le veut Manuel Valls, est impossible.

L'attentat de vendredi à Trèbes près de Carcassonne (Aude) qui a fait quatre morts a relancé le débat sur le salafisme en France. L'ancien Premier ministre Manuel Valls a expliqué dimanche qu'il voulait que cette interprétation de la religion musulmane, qui prône le repli sur soi, soit purement interdite.

Anouar Kbibech, vice-président du CFCM, le conseil français du culte musulman assure ce lundi matin sur RMC que son organisation lutte contre le salafisme de combat, et qu'un conseil théologique avait déjà été mis en place pour réfléchir à ces questions.

"C’est à la fois irréaliste et irréalisable"

Concernant l'interdiction totale du salafisme, il assure en revanche que la volonté de Manuel Valls d'interdire purement et simplement le salafisme est utopique. 

"C’est à la fois irréaliste et irréalisable, répond-il. M. Valls, quand il était Premier ministre, n’avait pas repris à son compte cette idée de Madame Kosciusko-Morizet. C’est comme si, pour assurer le plein emploi, on allait décréter que le chômage était interdit. Si c’était aussi simple que cela, ça se saurait ! Il y a un travail de fond à mener, une bataille théologique et idéologique à mener et le CFCM est mobilisé pour le faire."

Anouar Kbibech précise que pour lutter contre la radicalisation il aimerait que soit organisé un "Grenelle de la prévention de la radicalisation", avec un certain nombre "d'actions fortes" pour éradiquer cette "idéologie nauséabonde.

J.A. avec Bourdin direct