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Peut-on faire confiance au système des fiches S? Ça fait débat sur RMC

Le responsable de l'attaque à Trèbes et sa compagne étaient ficshé S, mais aucun signe de passage à l'acte n'était visible avant l'attaque qui a fait trois morts vendredi. Peut-on encore faire confiance à ce système de surveillance ?

L’auteur de l’attentat de Trèbes, Radouane Lakdim, était inscrit dans ce fameux fichier. Mais, aucun élément n’a permis de déceler un passage à l’acte imminent. Et selon nos informations, les services de renseignements avaient même envisagé d’abaisser sa surveillance. Mais comment fonctionne ce fichier ?

La fiche S est une sous-catégorie du fichier des personnes recherchées. Dans ce fichier, il y a la fiche V pour les évadés, la fiche M pour les mineurs en fugue et donc la fiche S pour les individus qui menacent la sûreté de l’Etat. Ça ne veut pas forcément dire individu radicalisé. Un militant politique violent peut également être fiché S.

25 000 personnes fichées S, pas toutes pour radicalisation

Aujourd’hui, on estime à 25.000 le nombre de personnes dans ce fichier. Classés selon leur niveau de dangerosité. De 16 pour les moins dangereux à 1 pour les plus dangereux. L’auteur de l’attentat du Thalys était fiché S3. Mohamed Merah, le tueur de Toulouse, S5.

Radouane Lakdim, l’auteur de l’attentat de Trèbes, était également inscrit dans un autre fichier : le FSPRT. Le fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste. Un fichier plus précis, créé il y a tout juste 3 ans. Géré par l’Uclat, l’unité de coordination de la lutte antiterroriste. Un fichier qui permet de centraliser l’identité de la personne radicalisée, sa localisation, ses liens avec d’autres personnes fichées, son entourage, son passé judiciaire ou encore psychiatrique.

4 000 individus fichés considérés comme très dangereux

Les services de renseignements locaux sont chargés du suivi des personnes inscrites dans ce fichier. Des réunions se tiennent chaque semaine pour évaluer les risques. Aujourd’hui, sur les 20.000 individus fichés, 4.000 seraient considérés comme très dangereux. On les appelle le "haut du spectre". 

Plusieurs responsables politiques appellent à durcir les sanctions. Marine Le Pen, invitée à 8h35, réclame l’expulsion de tous les étrangers fichés S.

Une mesure que préconisait aussi Laurent Wauquiez par le passé. Le patron des Républicains doit s’exprimer dans la matinée. On verra s’il rejoint Marine Le Pen. En tout cas pour le sénateur républicain de Moselle François Grosdidier, il faut faire preuve de plus de fermeté dans la loi.

"Il faut certainement modifier la loi. Le fait d'avoir été en lien avec une organisation terroriste doit permettre une rétention administrative", selon lui.

"C'est un problème de croisement de données"

Mais rien ne sert de légiférer, encore et toujours, répond le député La République en Marche de Côte d’Or Didier Paris. "Nous disposons en France des éléments juridiques suffisants pour appréhender ce genre d'attitudes. C'est un problème de croisement de données".

"Ceux qui ont refusé la proposition des députés FN d’expulser les étrangers fichés S porteront une responsabilité politique", tweetait Marine Le Pen ce week-end. Rappelons que Radouane Lakdim, d’origine marocaine, a été naturalisé Français en 2004.

Matthieu Rouault