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On a été un peu surpris de ne pas voir de ministère du Logement

Invité de Jean-Jacques Bourdin ce jeudi sur RMC, Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, déplore l'absence d'un ministère dédié au logement dans le premier gouvernement d'Emmanuel Macron.

Le logement serait-il devenu un problème secondaire en France, au point de ne plus apparaître dans les intitulés des ministères? La question peut se poser car dans le gouvernement d’Edouard Philippe annoncé ce mercredi, force est de constater qu'il n’y a pas de ministre nommément en charge du logement, pourtant vital pour le quotidien des gens. En définitive, c’est le ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand, qui hérite du Logement et de la politique de la Ville. Mais l’absence de ministre du Logement inquiète les associations comme les professionnels de l'immobilier.

"On attend beaucoup de ce gouvernement"

"C'est un oubli, ce n'est pas possible", s'est par exemple étranglé Jean-François Buet, président de la Fnaim. C'est une première depuis des décennies de voir le Logement sans ministre ni secrétaire d'Etat. On a l'habitude d'être malmenés, mais là..." Invité de Jean-Jacques Bourdin ce jeudi sur RMC, Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, a lui aussi déploré cette absence. "On attend beaucoup de ce gouvernement et c'est pour ça que l'on a été un peu surpris de ne pas voir de ministère du Logement".

"Maintenant, on a vu qu'il était dans le portefeuille de M. Ferrand, qui va peser parce qu'il a une place importante auprès d'Emmanuel Macron. Mais, du coup, il a un spectre très large parce que cela veut dire qu'il est en charge de la politique de la ville, des quartiers populaires mais aussi de toute la ruralité", souligne-t-il encore avant de regretter de "ne pas voir le logement apparaître comme tel alors qu'il s'agit du premier poste de dépenses des ménages, d'un levier de développement économique considérable ("quand le bâtiment va, tout va")."

"C'est la responsabilité de l'Etat que de trouver des solutions"

"En revanche, nous n'avons pas de réponse sur la question de la réponse sociale au logement. C'est-à-dire le lien entre l'hébergement et le logement, les personnes à la rue, la question des migrants, des bidonvilles… Bref, on se demande où va être traitée toute la dimension sociale du logement, ajoute Christophe Robert. Et puis, il va aussi falloir assurer le lien avec le ministère de Nicolas Hulot (ministre de la Transition écologique et solidaire) parce que je rappelle que nous avons une loi nous impose 500.000 rénovations thermiques par an."

 "Il aurait été bien qu'il y ait au moins un secrétaire d'Etat au Logement ou de la politique de la Ville. Mais ce qui est vraiment important c'est le fond, c'est de savoir quels moyens budgétaires on va mettre sur des questions comme la rénovation des quartiers populaires, l'accompagnement des habitants, la crise du logement…, alerte encore le délégué général de la Fondation Abbé Pierre. C'est la responsabilité de l'Etat que de trouver des solutions. Le candidat Macron est venu nous voir, a fait des promesses, il va falloir qu'elles soient portées par M. Ferrand. Mais, là, il a quand même beaucoup de choses à porter".

Maxime Ricard avec Jean-Jacques Bourdin