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3,8 millions de mal-logés ou sans-abri en France: "Mes enfants ont grandi dans des hôtels"

L'association Droit au Logement organisait dimanche un Sapin de Noël devant le Ministère du Logement à Paris. Une manifestation pour alerter le gouvernement sur la précarité des sans-abri et mal-logés. Mais aussi dénoncer l'inaction de la ministre Emmanuelle Cosse.

3,8 millions de personnes mal-logées ou sans-abri, et 2,9 millions de logements vacants en France, selon des chiffres de l'Insee. Des militants de l'association Droit au Logement (DAL) étaient rassemblés ce dimanche devant le ministère du Logement à Paris.

Parmi eux, Amel, sans domicile fixe depuis 10 ans: "Avec son mari et ses deux enfants, ils vont d'hôtel en hôtel, hébergés par le Samu social: "ça me fait de la peine. Mes enfants ont grandi dans des hôtels. Quand les gens grandissent, ils se souviennent qu'ils ont fait des crêpes, des gâteaux chez eux. Eux ils se rappellent que des sandwichs, que des fois où l'on mange dehors".

"Il n'y a pas de promesses, rien du tout"

Malika Ghérib lutte tous les jours contre la détresse de ces familles sans abri. Membre de l'association Droit au logement, elle dénonce l'inaction du gouvernement: "Des familles sont à la rue, sans domicile sans toit. Elles demandent juste à être relogées, au moins activer leurs dossiers. Il n'y a pas de promesses, rien du tout".

Le DAL conteste plusieurs mesures du projet de loi égalité et citoyenneté concernant le logement, insérées par Emmanuelle Cosse, notamment la dérégulation des loyers HLM.

Inadmissible pour Jean-Baptise Eyraud, porte-parole de l'association: "Il y a des mesures agressives dans cette loi comme la dérégulation des loyers dans les HLM fixés en fonction des revenus des locataires. L'Etat cherche à se désengager, à réduire ses allocations logement, et de l'autre côté les bailleurs sociaux vont chercher à loger des ménages avec des revenus un peu plus élevés que des ménages modestes. Ça veut dire moins de ménages pauvres dans les HLM. On est un peu sidérés par ce qui se passe. On connaissait Mme Cosse plutôt militante, mais c'est clair qu'elle a complètement perdu".

P.B. avec Anaïs Bouitcha