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Ouverture de la chasse: jour-J pour les passionnés, des associations veulent un moratoire

Ce dimanche marque l'ouverture de la chasse. Un rendez-vous que de nombreux passionnés ne manqueraient pour rien au monde. Une ouverture qui fait polémique alors que la sécheresse s'est abattue sur la France cet été. Des associations de protection des animaux demandent un moratoire.

Sa passion est intacte. Après 55 ans de chasse, Allain Messal, 71 ans, est parti sur le terrain avec ses chiens et son fusil, ce dimanche, pour l'ouverture de la chasse: avec "toujours cette envie" et "un peu moins stressé, car avec l’âge il y a une certaine sérénité, mais on attend cela avec impatience". explique-t-il.

Cette passion est partagée par Jean-Bernard Portet, quasiment tous les jours: "J’ai toujours une image ou un souvenir de chasse qui me traverse l’esprit". Il est le président de la fédération des chasseurs haut-garonnais. Ils sont un peu plus de 11.000, et ont à 52% moins de 60 ans.

Priorité sécurité

Pour lui, sur le terrain, la priorité, ce sont les règles de sécurité. Ainsi "si la chasse se pratique avec un fusil dans les mains, ce n’est pas le fusil qui est dangereux, jamais le fusil n’est dangereux, c’est celui qui l’a dans les mains qui peut potentiellement être dangereux."

"Il faut insister, nous le faisons, pour que la chasse se déroule dans les meilleures conditions de sécurité possible pour les chasseurs d’abord et puis surtout pour tous les utilisateurs de la nature."

Ces règles, Alain Messal, qui chasse à la périphérie de Toulouse, les connait par coeur :

"On doit faire très attention, avant de tirer il faut identifier ! Il y a des règles surtout en chasse collective, On est en péri-urbain ici donc il y a beaucoup de monde qui se balade dans la nature"

Dans la région de Dijon, un maire veut imposer un gilet jaune à tous les chasseurs, et en cas de refus, il promet des amendes. Jean-Bernard Portet le président des chasseurs de la Haute Garonne explique qu’ils l’utilisent déjà, avec des "obligations vestimentaires" en Haute-Garonne: "casquette fluorescente obligatoire et d’un gilet fluorescent obligatoire également pour tous les chasses en battue".

Un moratoire sur la chasse?

Si Jean-Bernard et Alain ont prévu de chasser tous les week-end jusqu’en janvier prochain, Gilles Moyne ne partage pas cette passion. Il est directeur général d’Athénas, une association de sauvegarde de la faune sauvage. Et il est inquiet. En cause, le déficit pluviométrique et la sécheresse qui s'abat sur la France. Il l'assure, "on ne peut pas faire comme si rien ne s'était passé:

"On a constaté l'impact de cette sécheresse sur les milieux naturels et la faune. Il faut un moratoire: s'arrêter pour réfléchir aux conditions d'utilisation du milieu naturel dont la chasse fait partie."

Ses constatations? "Des problèmes d'allaitement, des surmortalités, des problèmes de déplacement de populations et ça ne se ratrappe pas avec trois averses."

"On ne combat pas le changement climatique avec quelques gamelles d'eau, comme certains chasseurs ont pu faire et ça concerne des espèces comme le gibier de tir, élevés dans des élevages intensifs et relâchés quelques semaines avant l'ouverture de la chasse", explique-t-il.
MM