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Policiers tués à Magnanville: "Ils étaient vraiment des piliers pour nous, tout s'écroule"

François Hollande préside ce vendredi une cérémonie officielle d'hommage au policier et à sa compagne tués lundi, à la préfecture de Versailles, en présence des familles des deux victimes. Une cérémonie "nécessaire" estime sur RMC Stéphanie, qui connaissait le couple depuis 15 ans.

François Hollande préside vendredi, à la préfecture de Versailles, une cérémonie officielle d'hommage à Jean-Baptiste Salvaing, commandant de police adjoint du commissariat des Mureaux dans les Yvelines, et à sa compagne Jessica Schneider, agent administratif du commissariat voisin de Mantes-la-Jolie, assassinés par un terroriste lundi. Cette cérémonie se déroulera en présence de leurs familles ainsi que de Manuel Valls et Bernard Cazeneuve.

"On avait des liens très, très forts"

"C'étaient plus que des amis, c'était comme de la famille, témoigne ce vendredi sur RMC, Stéphanie qui, avec son mari Romuald, connaissait le couple depuis 15 ans. Pour mes filles, c'étaient la 'tati' et le 'tonton' et pour Jessica j'étais sa grande sœur. On avait donc des liens très, très forts qui ne cessaient de grandir". Une marche blanche a eu lieu jeudi à Magnanville, où 2 500 personnes ont défilé. Policiers, gendarmes, pompiers et une foule d'anonymes ont marché, en silence et en civil, depuis les abords de l'hôtel de police de Mantes-la Jolie.

"On aurait souhaité y aller mais nos filles n'étaient pas bien, explique avec émotion Stéphanie. Elles ne sont pas allées à l'école pendant deux jours. Aujourd'hui l'aînée va y retourner parce qu'elle a préparé un petit exposé. Pour elle, c'est important d'en parler. Elle a apporté des photos, m'a dictée ce que je devais écrire… Elle va présenter son 'tonton' et sa 'tati', leur métier et les relations qu'elle avait avec eux."

"Ce n'est vraiment pas facile…"

"On regarde régulièrement des photos sur lesquelles nous sommes tous ensemble. Cela nous fait du bien de les voir mais on a aussi du mal à réaliser les circonstances de leur mort, poursuit-elle. Depuis lundi, c'est très difficile. On ne mange pas, on ne dort pas et quand les enfants sont là on essaye de sauver les apparences. Je les ai déposés à l'école ce matin et quand je suis rentrée je me suis effondrée en larmes. Ce n'est vraiment pas facile…"

Et Stéphanie de dresser un portrait du couple: "Ils ont fait des années et des années d'étude. Ils se sont investis corps et âmes dans leur profession. Ils étaient au service des autres. Même dans leur vie quotidienne, personnelle, ils étaient un modèle de citoyenneté. Ils s'imposaient une vie très structurée, très soignée, avec des principes, des valeurs humaines très grandes. Quand on les connaît, quand on connaît leurs valeurs… C'étaient vraiment des piliers pour nous, donc tout s'écroule." Stéphanie tient aussi à attester de l'utilité de l'hommage rendu ce vendredi: "Ça fait du bien. On a envie que l'on parle d'eux. C'est vraiment très important. On a l'impression qu'ils sont encore avec nous, qu'ils sont encore vivants".