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Policiers tués à Magnanville: ce que l'on sait de Larossi Abballa et de son passage à l'acte

Lundi soir, un homme de 25 ans, présenté comme étant Larossi Abballa, a tué à coups de couteau un policier et sa femme à Magnanville (Yvelines). Originaire des Mureaux, il était domicile à Mantes-la-Jolie et était connu des services de police pour de nombreux faits de droit commun.

La France a été à nouveau frappée par une attaque jihadiste avec l'assassinat lundi soir d'un policier et de sa compagne près de Paris, revendiqué par un homme qui a prêté allégeance au groupe Etat islamique (EI) et appelé à faire de l'Euro "un cimetière". Dans une vidéo enregistrée avant de mourir dans l'assaut du Raid, Larossi Abballa, 25 ans, a promis "d'autres surprises" pendant l'Euro de football que la France accueille jusqu'au 10 juillet. Originaire des Mureaux, il était domicilié à Mantes-la-Jolie et était connu des services de police pour de nombreux faits de droit commun.

Placé sur écoutes

Il avait été condamné en 2013 à trois ans de prison pour participation à une filière djihadiste entre la France et le Pakistan. En février 2016, le nom de l'auteur de l'assassinat des deux policiers est réapparu dans une information judiciaire ouverte par le parquet de Paris dans le cadre d'une filière de départs vers la Syrie. Il avait alors été placé sur écoute, mais cette surveillance n'a pas permis de mettre à jour un projet terroriste.

C'est d'ailleurs la PJ de Versailles et non pas la sous-direction antiterroriste qui était en charge de ces écoutes. La raison? Larossi Abballa apparaissait moins important que d'autres personnes ciblées dans l'enquête. Jusqu'à présent, le jeune était d'ailleurs toujours apparu comme un second couteau. C'était déjà le cas dans l'affaire qui lui a valu d'être condamné à trois ans de prison en 2011, sa participation à une filière pakistanaise ayant été jugée mineure. A l'époque, Larossi Abballa voulait faire le jihad, mais peu d'éléments pesaient contre lui sur le plan pénal.

Pourquoi est-il passé à l'acte?

On l'ignore toujours. Ce que l'on sait, c'est que deux des trois personnes en garde à vue sont des hommes qui avaient été condamnés avec lui en 2013, dans l'affaire de la filière pakistanaise. On sait aussi que plusieurs perquisitions ont aussi été menées ce mardi en région parisienne. Selon nos informations, elles ont permis de découvrir un drapeau de l'Etat islamique et une liste de noms de policiers de Seine-Saint-Denis avec leurs adresses personnelles. Cette liste n'est toutefois plus à jour.

Les enquêteurs cherchent aussi à comprendre pourquoi il s'en est pris à ce couple de fonctionnaires de police. Ils épluchent toutes les affaires traitées par le commandant Jean-Baptiste Salvaing, pour voir si le policier avait pu avoir affaire au terroriste. Mardi soir, ils n'avaient rien trouvé.

Que nous apprend la vidéo de revendication postée sur Facebook?

Larossi Abballa a revendiqué son acte sur Twitter et Facebook dans une vidéo filmée depuis la maison des victimes et mise en ligne avant de mourir. Cette vidéo nous avons pu la visionner. Si l'on ignore si c'est lui qui a écrit ce qu'il lit mais il lit un texte. Et l'on constate que c'est un homme qui maitrise parfaitement la rhétorique de l'Etat islamique. Il appelle "à attaquer des policiers, des journalistes, des gardiens de prison et des rappeurs".

Il évoque aussi des menaces sur l'Euro. Rien de neuf pour les policiers, car ce sont autant de cibles déjà connues des services de renseignement. Lors des négociations avec le Raid: Larossi Aballa a indiqué avoir fait allégeance trois semaines plus tôt à Daesh et répondre, avec ce passage à l'acte, au communiqué de l’émir El Adnani demandant de tuer des mécréants chez eux.

Claire Andrieux