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Magnanville: à l'école maternelle, les parents désemparés pour expliquer le drame

Les enseignants ont essayé d'expliquer le drame de Magnanville dans l'école où était scolarisé l'enfant du couple assassiné (illustration).

Les enseignants ont essayé d'expliquer le drame de Magnanville dans l'école où était scolarisé l'enfant du couple assassiné (illustration). - Eric Cabanis - AFP

REPORTAGE – A l'école maternelle des Marronniers de Magnanville où était scolarisé l'enfant de 3 ans du couple de policiers assassiné, les parents manquent de mots. Dans les classes, les enseignants ont tenté d'expliquer l'inexplicable.

A la sortie des classes devant l'école maternelle des Marronniers, les parents, le visage fermé viennent récupérer leurs enfants. Marie-Rose a ses deux filles scolarisées dans l'établissement. La plus jeune est en classe avec le petit garçon de Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider, les deux policiers tués par Larossi Abballa. L'enfant de 3 ans a été retrouvé indemne après l'attaque.

"Ma fille m'a dit qu'ils en ont parlé à l'école et que ça la touche. Pourquoi les gens sont comme ça? Qu'est-ce que vous voulez que je dise à ma fille, les gens sont fous. Qu'est-ce que vous voulez qu'on dise aux petits? On essaye de choisir des mots qui sont assez simples pour eux parce que même pour nous... j'ai du mal à en parler", reconnaît cette mère de famille. 

Yohann, 8 ans, raconte que sa maîtresse a surtout voulu rassurer sur le sort du petit garçon. "Le garçon, il a été sauvé. Il a été emmené à l'hôpital, la maîtresse elle nous l'a dit. Il a rien, juste choqué." 

"J'espère qu'il trouvera un foyer"

Lundi, Larossi Abballa a filmé ses crimes et diffusé la vidéo sur Facebook. Dans celle-ci, il se demande quoi faire du petit garçon, assis derrière lui sur le canapé. On comprend que l'enfant a assisté au moins à une partie du drame. L'avenir du petit garçon touche évidemment beaucoup les parents d'élèves comme Sophie, dont les deux enfants sont aussi scolarisés dans l'école.

"Ce petit enfant de 3 ans qui n'a plus ses parents. Je souhaite qu'il soit guidé dans sa ville le mieux possible. Rien ne remplace les parents, mais j'espère qu'il trouvera un foyer, des gens qui pourront l'accompagner tout au long de la vie", souhaite cette mère de famille.

Pour les enfants qui en auraient besoin, une cellule psychologique a été ouverte dans l'établissement scolaire. Le petit garçon du couple aura lui aussi besoin d'aide. Confronté à une "angoisse massive" explique Muriel Salmona, psychiatre et présidente de l'association Mémoire traumatique et victimologie, l'enfant devra être accompagné. "C'est un peu comme un enfant qui serait dans un coma psychique qui aurait besoin de réanimation", résume le médecin. Pour faire face au traumatisme, "il va falloir qu'il ait tout le temps quelqu'un autour de lui pour le rassurer, pour le sécuriser, pour lui parler".

Carole Blanchard avec Antoine Perrin