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Orphelin de Magnanville: "Il nécessite une réanimation psychique"

Le petit garçon de 3 ans retrouvé indemne sur les lieux du meurtre de ses parents a été pris en charge psychologiquement. Selon la psychiatre Muriel Salmona, l'enfant doit souffrir de troubles psychotraumatiques qui peuvent être traités.

Un petit garçon au cœur de l'horreur. Le fils de Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider a été retrouvé indemne "en état de sidération" sur les lieux du meurtre de ses parents. L'enfant a vraisemblablement assisté au meurtre de sa mère retrouvée égorgée. Le père du garçonnet avait été tué à coups de couteau quelques instants avant devant leur pavillon de Magnanville.

Pour la psychiatre Muriel Salmona, fondatrice de l'association "Mémoire traumatique et victimologie", le petit garçon, malgré son jeune âge "a compris beaucoup de choses, il a eu peur de mourir". Selon elle, il souffre de troubles psychotraumatiques très lourds. "Il nécessite une réanimation psychique après avoir été en état de sidération. Ce sont des atteintes neurologiques très importantes, des situations de stress extrême. Le cerveau des tout-petits est encore plus sensible et vulnérable au stress que le cerveau des adultes", expliquait-elle aussi ce mercredi dans Bourdin Direct.

Des atteintes graves mais qui pourront se réparer grâce à un suivi psychothérapeutique et une prise ne charge adaptée. "Tout va être sécurisé autour de lui pour qu'il se sente vraiment rassuré, il faut qu'il puisse avoir quelqu'un à côté de lui 24 heures sur 24. Il faut aussi prendre en charge toutes les personnes qui sont autour de lui parce qu'elles sont traumatisées aussi. Il faut qu'il puisse avoir des visages connus autour de lui mais ces personnes doivent être soutenues", détaille Muriel Salmona.

"Se 'brancher' sur lui, le rassurer"

"Il va falloir se 'brancher' sur lui, lui parler, le rassurer. C'est comme si son cerveau s'était bloqué, avait disjoncté et il faut qu'on fasse petit à petit remarcher cela", estime-t-elle aussi. Et le chemin sera long:

"Il sera suivi longtemps, déjà il y a un deuil très lourd à faire. Des images risquent de lui revenir et qui peuvent lui créer des angoisses extrêmes, des phobies, des troubles cognitifs, de la dépression. (…) Sa vie est bouleversée mais il ne faut pas qu'il soit colonisé par des flash-back. Il va avoir des images de l'agresseur, des images de sa mère… Ça peut se traiter pour qu'il évite de s'anesthésier lui-même".

Il va aussi falloir raconter ce qu'il s'est passé au petit garçon: "Il faudra lui donner le maximum d'informations petit à petit, quand il pourra l'entendre, pour qu'il puisse l'intégrer. Il faut aussi lui donner des outils pour comprendre ses propres réactions car si on ne vous l'explique pas c'est terrible d'avoir peur de mourir, de ressentir la violence extrême".