RMC

Pourquoi la natalité est repartie à la hausse en France, en 2021

Dans "Apolline Matin" ce vendredi sur RMC et RMC Story, Nicolas Poincaré détaille l’étude de l’Insee sur la natalité, qui est repartie à la hausse l’année dernière.

La natalité est repartie à la hausse en 2021. C’est le principal enseignement d’une étude de l’Insee publiée ce jeudi: 742.100 bébés sont nés en France en 2021. Cela représente 2.033 naissances par jour en moyenne dans les maternités françaises. C’est une augmentation d'environ 1% par rapport à l'année précédente. Soit, tous les jours, une vingtaine de bébés de plus qu’en 2021.

Dis comme ça, ce n'est pas très spectaculaire. Mais ce qui est marquant, c’est que c’est une inversion de tendance. Depuis six ans, le nombre des naissances était en baisse constante. Une chute de 10% entre 2014 et 2020. 2021 marque donc un coût d'arrêt à cette tendance à faire de moins en moins d’enfants…

Un phénomène qui est lié aux confinements. Pendant les confinements, les Français ont moins conçu d’enfants, mais à la fin des confinements, ils se sont rattrapés !

L’année 2021 avait donc très mal commencé puisqu’en janvier et en février, on était neuf mois après le premier confinement du printemps 2020. Le nombre des naissances atteint alors un plus bas historique, moins 10% par rapport à l'année précédente. Cela s’explique par le climat d'inquiétude qui régnait, peu propice aux projets d’avenir. C’est aussi dû au fait qu’un certain nombre de couples ont pu se retrouver séparés par l’interdiction de se déplacer.

Des rattrapages après les confinements

Mais neuf mois après la fin de chacun des deux confinements, on a assisté à un vrai rattrapage. Avec un pic des naissances en septembre 2021, neuf mois après la période de Noël qui avait marqué la fin du deuxième confinement. Les Français, soulagés, ont fêté ça sous la couette.

Ce sont, en particulier, les mères les plus âgées qui ont fait plus d'enfants. Les impacts des confinements sont plus marquants chez les jeunes mères que chez les plus âgées. On imagine que les jeunes couples étaient plus inquiets vis-à -vis de l'épidémie, et sans doute aussi plus touchés par des situations d'éloignement. Et il y a, chez les plus jeunes, plus de couples que l’on appelle non-cohabitants et qui ont pu être séparés par les confinements.

Résultat, sur l’ensemble de l’année 2021, le nombre de naissances est en baisse de 5 à 8% chez les femmes de moins de 25 ans. Il est en revanche en hausse chez les femmes de plus de 30 ans, et même en forte hausse chez les femmes de plus de 40 ans. Si bien que l'âge moyen des femmes qui accouchent continue d’augmenter. Il est désormais de presque 31 ans. 30,9 pour être précis.

Sait-on quelle est la part des familles issues de l’immigration? L’Insee ne fait pas de statistiques ethniques ni religieuses, mais l’institut de la statistique peut compter le nombre d’enfants nés de parents eux-mêmes nés à l’étranger.

La part des bébés dont les deux parents ne sont pas nés en France a baissé d’un point, 16% contre 17% il y a deux ans. Et logiquement, la part des enfants ayant deux parents nés en France a augmenté, 68% contre 67% en 2019.

Et sait-on si cette augmentation des naissances en 2021 se poursuit en 2022? On a les chiffres pour les huit premiers mois de l’année. On a de nouveau un pic en février, neuf mois après la fin du troisième confinement. Mais l’effet a été bref et depuis, on est plutôt sur la tendance de 2020, c'est -à -dire une tendance basse. Les statisticiens de l’Insee ne se prononcent pas sur la suite. On ne sait pas si l’embellie de 2021 va se poursuivre ou pas…

Nicolas Poincaré