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Ras-le-bol des pompiers du Rhône après un guet-apens: "On n'est pas rentré dans les pompiers pour ça"

Ce lundi, près de 300 pompiers ont manifesté à Lyon pour dénoncer la recrudescence des agressions dont ils sont victimes. Les soldats du feu demandent aussi à être équipés de caméras portatives pour filmer leurs interventions, notamment dans les quartiers sensibles.

La colère monte chez les pompiers du Rhône. Près de 300 d'entre eux ont manifesté lundi matin à Lyon à l'appel du syndicat Sud pour dénoncer la recrudescence des agressions dont ils sont victimes et "l'impunité" de leurs auteurs.

RMC a rencontré Daniel, pompier professionnel dans la banlieue de Lyon. Fin octobre, pendant deux nuits consécutives, lui et ses collègues de la caserne de Feyzin se sont retrouvés coincés dans trois guet-apens dans une banlieue sensible: "J'étais assis côté passager dans le camion, le projectile est arrivé sur ma droite et la vitre s'est cassé avec l'impact. On a eu chaud. On se demande ce qu'il va se passer à la prochaine intervention", craint-il aujourd'hui.

Après 30 ans de service, cet adjudant professionnel ne souhaite pas arrêter son engagement. Mais Daniel en a assez: "J'en ai marre des réactions de ces jeunes. On n'est pas rentrés dans les pompiers pour ça. Si j'étais en début de carrière, c'est sûr que ce n'est pas un métier qui me ferait rêver. Ce ne sont pas des actions comme ça qui me font rêver".

Plus d'effectifs les jours à risque

Pour sécuriser leurs interventions, les sapeurs-pompiers demandent à être équipés de petites caméras portatives. "Aujourd'hui, la parole d'un pompier n'est pas plus forte que celle d'une personne qui est arrêtée. On doit apporter la preuve de ce qu'on avance quand on a été agressé ou menacé de mort. Donc ce type d'équipement a fait ses preuves avec certains services de police. Nous souhaiterions que ça soit mis en œuvre", réclame Rémy Chabbouh, secrétaire général du syndicat SUD.

Les soldats du feu réclament aussi plus d'effectifs les jours à risque, comme le Nouvel An, l'anonymat lors d'un dépôt de plainte et des peines plus lourdes contre ceux qui les attaquent. S'ils ne sont pas entendus, les pompiers ont prévu de faire grève et de manifester au niveau national, au début du mois de janvier.

Gwenaël Windrestin (avec P.B.)