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Prix de l'essence en baisse: faut-il maintenir les remises gouvernementales?

Après des semaines et des semaines de hausse, les prix de l'essence sont enfin en baisse. Si les automobilistes sont ravis, certains se demandent s'il ne faut pas revoir les aides du gouvernement de 18 centimes par litre, portée à 30 centimes en septembre, car elles ont un coût économique important.

Les prix du carburant poursuivent leur baisse. Le thermomètre hebdomadaire des prix moyens, publié par le ministère de la Transition écologique, a rendu ses chiffres ce mardi. Le prix du litre, que ce soit de diesel ou de sans-plomb, ne cesse de diminuer après avoir atteint des niveaux records, parfois au-dessus de 2 euros le litre.

À la station essence, la baisse du prix à la pompe est remarquée et appréciée par les automobilistes.

“Je vois au niveau du portefeuille que ça fait une sacrée différence”, “Lorsque je faisais un plein, j’en avais quasiment pour 80 euros et là, j’en ai pour 60-70 euros, ce n'est pas négligeable”, indique des automobilistes.

Des prix qui n'ont jamais été aussi bas depuis février et donc depuis le début de l'invasion russe en Ukraine. Tout ça grâce à la remise de l'Etat de 18 centimes par litre. Une aide portée à 30 centimes à partir de septembre pour une période de deux mois et essentielle pour Richard qui rentre de vacances.

“Si vous faites une fois par semaine le plein, 30 centimes, c’est énorme. Il faut partir du principe que l’essence, on ne peut pas s’en passer, on a besoin de son véhicule donc ça sera forcément appréciable", assure-t-il.

Un risque pour les finances publiques?

David n'est pas du même avis. Pour lui, ce n'est pas la bonne solution. “La meilleure solution, ce serait peut-être une aide différenciée. Aider les gens qui en ont le plus besoin et laisser les autres payer l’essence au prix fort. Ce qui permettrait de réinvestir une partie des fonds dans des énergies plus propres”, explique-t-il.

L'économiste Philippe Crevel est d'accord avec David, ces aides ne seront pas éternelles. Mais selon lui la baisse pourrait se poursuivre dans les prochaines semaines.

“C’est un coût financier important de plusieurs dizaines de milliards d’euros. C’est vrai que si cela perdurait, il y aurait un risque pour les finances publiques. L’essence devrait continuer de baisser grâce à la diminution des prix du pétrole sur les marchés. Là, on a un phénomène de baisse marquée, mais qui reste très fragile compte tenu du contexte géopolitique et énergétique”, détaille-t-il.

L'arrivée de l'hiver et les besoins en chauffage pourraient également fragiliser la baisse observée depuis deux mois.

Tanguy Clavelloux & Aymeric Dantreuille avec Guillaume Descours