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Baisse des prix du carburant: pourquoi la situation reste très fragile?

Pour la première fois depuis le début de la guerre en Ukraine, le prix de l'essence baisse enfin durablement. Mais le spectre d'une nouvelle hausse dès septembre plane toujours sur les prix à la pompe.

L'essence est enfin en train de baisser durablement. Le thermomètre hebdomadaire des prix moyens, publié par le ministère de la Transition écologique, a rendu ses chiffres ce mardi. Le prix du litre, que ce soit de diesel ou de sans plomb ne cesse de diminuer, après avoir atteint des niveaux records, parfois au-dessus de 2 euros le litre

La baisse des prix à la pompe est directement liée à celle du baril de Brent, la référence sur les marchés européens. La baisse des prix à la pompe s'explique tout d'abord par une demande de pétrole en baisse ces dernières semaines à l'international. L'économie mondiale ralentit, notamment en Chine, un des pays les plus demandeurs de pétrole. En juillet dernier par exemple, la Chine a importé un million de barils par jour de moins qu'en juillet 2021, soit 1% de la consommation mondiale.

La pression mondiale sur le pétrole est donc moins forte, d'autant plus que les pays exportateurs de pétrole ont décidé d'augmenter légèrement leur production ces dernières semaines.

Le spectre d'un litre à 2 euros plane toujours

Une des raisons principales de cette baisse, également, est la chute du prix du baril de Brent, la référence sur les marchés européens, notamment avec cette augmentation de la production de pétrole. Le baril est redescendu ces derniers jours en dessous des 100 dollars. Il était encore à 130 dollars lors du début de la guerre en Ukraine.

Actuellement, les prix du carburant sont donc redescendus au niveau de ceux de février, soit avant le conflit en Ukraine, mais il faut garder en tête que la remise gouvernementale de 18 centimes est toujours présente. Selon les spécialistes, sans changement géopolitique majeur, ces prix en baisse devraient se stabiliser au mois de septembre.

Mais ils rappellent que ces prix restent particulièrement volatiles et peuvent à tout moment remonter, par exemple si la reprise économique chinoise reprend prochainement. L'arrivée de l'hiver et l'augmentation des besoins de pays en pétrole pour se chauffer pourrait également peser dans la balance.

Pour certains spécialistes, un retour à un carburant à plus de 2 euros le litre n'est d'ailleurs pas à exclure, notamment lorsque la remise de l'Etat diminuera, à partir de novembre.

Aymeric Dantreuille (avec G.D.)