RMC

Rixes entre bandes rivales : une colonie de vacances pour tenter de traiter le phénomène à la racine

C’est à l’initiative de Damien Allouch, maire (PS) d’Epinay-sous-Sénart, et de trois autres municipalités de l’Essonne, que sont nées ces colonies de vacances inter-quartiers. In fine, le but est de pouvoir ralentir le phénomène des rixes entre bandes rivales.

Les violentes rixes entre bandes rivales tournent régulièrement au drame, causant parfois la mort de certains de ses jeunes belligérants. En Île-de-France, le département de l’Essonne n’est pas épargné par ce type d’événement malheureux.

Voyant ce phénomène prendre de l’ampleur au fil des années, quatre maires du département ont décidé de prendre le taureau par les cornes. Ils organisent des rencontres inter-quartiers pour les enfants de 9 à 11 ans au cours de l’année, et même désormais une colonie de vacances pour ces jeunes.

“Il y a d’abord eu une période de réflexion. On s’est rendu compte, assez vite, qu’il y avait une forme de trou dans la raquette dans la tranche d’âge des 9-13 ans. On a observé que l’on perdait des gamins qui sortaient du périscolaire et qu’on ne retrouvait pas dans les services jeunesse”, explique Damien Allouch.

Les maires essonniens ont alors décidé de construire un programme permettant à ces jeunes de passer du temps, tout au long de l’année, avec d’autres enfants venant de quartiers considérés comme rivaux.

“Lorsqu’ils auront 14 ans, 15 ans, 16 ans, ils auront pris l’habitude de passer du temps avec les jeunes des autres villes pour se construire des souvenirs ensemble. On considère que s’ils se construisent des souvenirs ensemble, des souvenirs positifs, ils auront moins envie de se taper dessus à 14-15 ans”

Une première colonie de 40 enfants

Comme l’explique le maire d’Epinay-sous-Sénart, ce programme est en réalité un processus de fond qui s’étend sur toute une année. Les enfants apprennent à se connaître, à se mélanger lors d’activités périscolaires organisées par les municipalités.

Puis, quand vient le temps de l’été et des vacances, le point d’orgue de ce programme est l'organisation de la toute première colonie de vacances inter-quartiers. “Les gamins ont passé du temps ensemble, et la consécration de cette année-là a été la colonie de vacances”.

Et à en croire l’une des animatrices du séjour, Délicia Souka, conseillère municipale d’Epinay-sous-Sénart, le projet semble fonctionner.

“Le séjour c’était une finalité, et s’est très bien déroulé. Je n’ai jamais vu de rivalités sur cette tranche d’âge, mais ce qui est sûr c’est que lorsqu’on a commencé ces rencontres, ce n’était pas du tout facile pour les enfants de se mélanger, chaque groupe restait de son côté”, explique l’animatrice.

Comme “l’ignorance crée des barrières”, Delicia Souka et ses collègues animateurs ont donc dû faire en sorte de mixer les groupes d’enfants pour qu’ils apprennent à se connaître et à jouer ensemble.

Lors de leur séjour dans l’Indre, les enfants ont pu profiter d’un planning “nature et découvertes”. “Ils ont fait de l’équitation, du VTT, on a eu une journée au zoo de Beauval et une autre dans un parc aquatique”, raconte Délicia Souka.

Une recette que le maire d'Epinay-sous-Sénart espère voir fonctionner dans les années à venir…

AL